Tout choix est-il une mutilation* ?

Publié le par Thulip

Voici un article à teneur hautement polémique où chacun a à réagir, hommes et femmes, car nous sommes toutes et tous concerné(e)s.

Dites-moi qu’Elisabeth Badinter se trompe, donnez-moi votre vision des choses, faites partager votre expérience, d’homme ou de femme, peu importe, car je pense que toute personne ayant une famille et qui travaille à un avis. Les hommes sont tout autant concernés, car il en va de l’équilibre de leur famille (sphère conjugale, parentale, financière, sociale, etc…).

 

Je ne suis pas d’accord avec tous les propos d’Elisabeth Badinter, notamment quand elle dit que l’on confond violences conjugales et simple agressivité et que les femmes n’ont qu’à se défendre, « un point c’est tout ». Il suffit de fréquenter les structures d’accueil des victimes (quelles qu’elles soient) pour se rendre compte qu’il n’est pas si simple de rembarrer un agresseur.

Son propos est donc par certains côtés très provocateur et surtout ignorant  des réalités sociales et culturelles.  Mais elle a le mérite de soulever des problèmes auxquels elle-même qui semble si sûre d’elle, avoue ne pas avoir de solution. Voici le sujet qui me préoccupe aujourd’hui :

 

« Beaucoup de femmes qui sont arrivées aux premières loges dans le monde économique ou financier ont dû sacrifier leur vie privée, renoncer à avoir des enfants. Et ce mouvement risque de s'intensifier davantage car la vie professionnelle est de plus en plus dure - bien plus qu'il y a vingt ans. Une femme doit se battre pour décrocher un emploi, trouver un compagnon, le garder, être heureuse avec lui, avoir des enfants, puis pour que les enfants, une fois adolescents, ne lui balancent pas à la figure qu'elle a été une mère lamentable... Celles qui réussissent dans tous les domaines sont peu nombreuses. La phrase de Mme de Staël, «la gloire est le deuil éclatant du bonheur», est devenue un lieu commun mais n'est pas tout à fait fausse. Ceci dit, on peut aussi trouver son bonheur hors de la famille: dans son ambition personnelle. »

« Les femmes retournent à la maison. Pourquoi? Certaines parlent du «plafond de verre»: «J'ai beau me déchaîner, je n'arriverai jamais au premier rang car il est réservé aux hommes.» Ajoutez le fait que l'on peut être jeté de son emploi comme un Kleenex. Beaucoup de femmes se demandent donc pourquoi elles s'investiraient dans un métier. Mais il y a un troisième facteur, totalement inédit dans l'histoire des femmes (et peut-être même de l'humanité): beaucoup de jeunes femmes se rendent compte que leur mère, féministe non militante des années 1970, a voulu mener de front carrière professionnelle et vie familiale mais a échoué: en effet, leur mère a tout sacrifié à son ambition personnelle mais s'est heurtée au phénomène du plafond de verre, s'est fait quitter par son mari et n'a pas donné assez à sa fille. Résultat, ces jeunes femmes se disent qu'elles ne reproduiront pas ce modèle avec leurs enfants. Les filles ont toujours eu des comptes à régler avec leur mère, mais il s'agissait de mères de modèle traditionnel. Pour la première fois, régler ses comptes avec sa mère revient à se confronter avec une femme qui fut extrêmement active sur tous les terrains. Affirmer que l'on «ne fera pas comme elle» signifie revenir au modèle antérieur: ne pas être comme sa mère, c'est quasiment être comme sa grand-mère et revenir à la maison. Ces jeunes femmes vont déchanter. »

 

Que faut-il comprendre : de toutes façons, c’est sûr, si on est une femme, on échouera sur au moins un des plans (professionnel ou privé) voire les deux ? J’avoue que c’est désespérant. J’ai 30 ans, toutes mes dents (sauf une, dévitalisée, mais elle est encore là et elle est restée blanche en plus) et je n’ai envie de renoncer à rien. Et là on me dit que de toutes façons, le monde est ainsi fait que je vais forcément rater quelque chose : parce que je suis une femme et parce que je cherche du travail en 2006.

« Tout ce que je crois, c'est qu'il ne faut à aucun prix lâcher son indépendance économique lorsqu'on est une femme. » : J’ai tendance à dire : femmes et hommes, même combat sur ce point.

« Si on a la chance d'avoir un travail (et qu'il ne s'agit pas de pousser des wagons au fond de la mine), il faut s'accrocher tant que l'on peut. Le travail et l'argent ne font pas, je le sais, la condition du bonheur. Mais l'indépendance économique évite l'aliénation. »

Sur ce point je suis d’accord. Et qui plus est, il devient de plus en plus difficile de ne vivre qu'avec un seul salaire. La question risque donc de moins en moins se poser.

« Le féminisme est passé de la promotion de la femme, c'est-à-dire l'accès à l'égalité, la prise de possession du monde extérieur (c'étaient les revendications d'avant 1990), à tout autre chose: la définition de la femme comme une victime. »

Sur ce point, je m’interroge : je soulève souvent les cas d’inégalité homme-femme, mais ce n’est pas pour dire, « regardez comme on n’a pas de chance nous les femmes, houlala", mais plutôt "il faut que ça change ! " Avec les  propos d’Elisabeth Badinter, on aurait tendance à vouloir serrer les dents, y arriver coûte que coûte et ne surtout pas parler des problèmes qui fâchent quand on est bloqué à un « plafond de verre » professionnellement parlant.

Poser la question des inégalités de sexe c’est dire que la femme est une victime ? Non, je crois qu’il y a eu certes des assimilations grossières, mais je pense que l’on peut se battre pour l’égalité des sexes et ne pas se penser en victime : c’est même justement ce type de comportement qui fait avancer individuellement et la société toute entière, et ça ce n’est pas de la victimisation.

Je vous demande votre avis (mais les autres réflexions sont également bienvenues) sur les questions suivantes :

- Pensez-vous que travail et vie de famille soient compatibles?

- Pensez-vous que choisir entre travail et vie de famille soit aliénant?

- Pensez-vous que les personnes qui dénoncent les inégalités conçoivent les femmes en tant que victimes?

- Dans quelle mesure, avez-vous eu ou n'avez -vous pas eu le choix dans votre mode de vie?

Source ici.

P.S. : et encore une fois, messieurs, il ne s'agit pas de dire que vous êtes des vilains. Au contraire, on ne se poserait pas tant de questions si on le pensait. Ceci pour vous encourager à réagir.

* "Tout choix est-il une mutilation ?" est un sujet de philo que j'ai eu à traiter au lycée.
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T
@Chaminou : Bienvenue :)Toutes mes excuses, je n'avais pas pris le problème sous cet angle. En fait, si je ne l'ai fait pas c'est sans doute parce que dans ce cas, à mon avis, il n'y en a pas (tu ne veux pas d'enfants et tu veux travailler, c'est pas moi qui vais dire que c'est un problème. Mais si tu voulais les deux et que tu n'y arrivais pas? )."Tout choix est-il une mutilation?"Si j'aime les fraises et les melons, et que je suis obligée de choisir entre les deux : c'est une mutilation.Mais si je n'aime que les fraises, ça ne me posera pas de problèmes. Après il y a toujours la société qui juge ceux et celles qui font différement. Il paraît même qu'on devient "louche" à passé 30 ans quand on n'a ni vie de couple, ni enfants en tant que femme. Ma belle-mère me trouve louche d'en avoir 30, de ne pas être pressée par l'horloge ("non ça, va, il est 14h, j'ai le temps de prendre un café. Comment belle-maman, je n'ai pas compris quoi?"), mais ça je m'en fiche complètement. Je n'ai pas compris quelle est la facilité que j'ai choisi à propos de la victimisation des femmes par contre.@Calpurnia : arf... Bon j'espère avoir tes commentaires sur le sujet très vite :)
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C
Zut, une réponse de plus zappée par ce fichu spam...<br /> Je t'écris sur ton mail...
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C
Sinon, dénoncer le sort que les femmes connaissent aujourd'hui n'est en rien synonyme de victimisation. Il faut être lucides : en dépit des bons mots sur l'"égalitéééé", nous subissons encore moult discriminations. Mais il faut se battre. & pas forcément choisir la facilité que tu décris d'une certaine manière. ;o) Cha*
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C
Que faut-il comprendre : de toutes façons, c’est sûr, si on est une femme, on échouera sur au moins un des plans (professionnel ou privé) voire les deux ? <br /> > Que veut dire "échouer" ?!! Il est fréquent de remettre ce dualisme objectivité (travail) /subjectivité (vie de couple, enfants, etc.) sur le tapis. Bien entendu, je pense qu'il ne faut pas renoncer pour qui veut : résistons (car ce n'est pas toujours de la tarte d'avoir à se battre, se justifier, rembarrer les plus machos/ttes, etc.) !!! Mais personnellement, je me sens en dehors de tout cela : je ne souhaite ni enfants, ni vie de couple (est-ce un "échec" pour autant ?!). Pour le reste (ma survie économique ;o)) je fais au mieux, et comme je travaille à domicile, j'ai plutôt la paix.
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T
Test
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