Petite philosophie de l'ennui

Publié le par Thulip

Prendre une année sabbatique et ne rien faire : voilà la décision qui, à l’origine, a inspiré Lars Svendsen ce court texte sur la difficulté de circonscrire, de vivre ce rien. Le résultat : un livre profondément original, au ton très libre, qui puise à des sources aussi bien philosophiques que littéraires et cinématographiques.

 


L’ennui, qu’est-ce que c’est ?   En général ce n’est qu’une étiquette vide que l’on colle sur tout ce qui ne nous intéresse pas.  

Mais c’est une erreur, car Lars Svendsen nous démontre que l’ennui est un révélateur existentiel. Et il nous touche tous. Que le premier qui ne s’est jamais ennuyé lève la main. Car selon l’auteur, « on peut parfaitement s’ennuyer sans s’en rendre compte, et on peut s’ennuyer sans pouvoir trouver la moindre raison ou cause à cet ennui. »

L’ampleur de ce phénomène ne se situe pas seulement à une échelle individuelle, c’est un phénomène social, « une caractéristique du monde ».

Pour nous le démontrer, l’auteur prend exemple sur diverses manifestations dont son excellent commentaire du film Crash de Cronenberg (1996) : « Cronenberg dit quelque part que la sexualité a, certes une origine biologique mais que nous avons oublié ce qu’elle est. Dans Crash, la sexualité tourve son accomplissement dans la mort. Les personnes ne fuient pas leur propre mortalité mais au contraire vont au-devant d’elle, l’enlacent comme si elle seule pouvait donner un semblant de sens à leur existence. »

 

J’espère que j’ai donné envie de lire ce livre. Personnellement, je ne m’ennuie plus de la même manière depuis cette lecture. Mais je ne suis pas encore capable d’imaginer prendre une année sabbatique (en admettant que je puisse me le permettre) pour « m’ennuyer ». Cela reste un face à face avec soi-même, qui lorsqu’on y parvient, est souvent douloureux. Mais il est nécessaire.

Petite Philosophie de l'ennui, Lars Fr. H. Svendsen, Fayard, 2003

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P
Sérieusement parlent, si je trouve ce livre, j\\\'me l\\\'achette! personnellement l\\\'ennui j\\\'pense que c\\\'est bénéfique pour cause, de repos, de méditation. Mais après c\\\'est vrai que qu\\\'on ont s\\\'ennui et que l\\\'on est partagé entre l\\\'envie de faire quelque chose et l\\\'envie de ne rien faire.... bah on ne parle plus de la mm affaire!
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T
@Calpurnia Tu as mis le doigt sur quelque chose d'essentiel : s'ennuyer ne veut pas dire ne rien avoir à faire. Et c'en est un des paradoxes qui font que les explications de l'auteur sont intéressantes, en nous démontrant que l'ennui sera là pour donner du sens à la vie, car les choses qui nous font agir et qui nous occupent toute la journée, n'en donnent pas toujours, ou du moins, peut-être parfois en perd t-on le sens. J'ai le "syndrome de l'hyperactivité" et pourtant je m'ennuie parfois (de moins en moins car je sais pourquoi à présent). C'est qu'à mon avis, je fais tant de choses et si vite que j'en perd le fil, le sens, l'origine de ce qui m'a donné envie de courir. Et n'est-ce pas notre société toute entière, qui nous dit de courir, de nous dépêcher de finir le dossier duchmol, l'édition Tzark, de faire les courses, de manger les gosses et baigner le mari ? On le fait et on peut tout aussi bien s'ennuyer en le faisant. Il s'agit bien de notre être au monde qui parle et nous pose des questions. A nous de vouloir y répondre ou pas. Rien de très compliqué à cela ou de très élitiste dans cet essai tout philosophique qu'il soit : la preuve, tout le monde a connu ou connaît l'ennui un jour ou l'autre.
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C
Pour moi l'ennui serait plutôt comme un état d'esprit. C'est un moment où j'ai trois livres à lire (pas envie), un post à écrire (pas envie), un coup de fil à passer à ma meilleure amie (pas envie). C'est le jour où je traine en vieux caleçon immonde avec le pire des T shirt, errant dans l'appartement à en perturber le chat et à avoir envie de dire toutes les cinq minutes "j'mennuie". Le lendemain dans exactement la même situation, tout sera fait.<br /> En fait l'ennui m'attrape le matin quand je me lève. Quand il est là, inutile d'insister. Quoi que je fasse, et même très occupée (au boulot par exemple), je véhicule ce ressenti d'ennui profond, comme une angoisse où une impression d'être bien. <br /> Quand les filles étaient petites dieu sait que j'ai vécu ce : "Maman je m'ennuies". Inutile de leur proposer quoi que ce soit : c'était ainsi. Seul un bon bain venait à bout de cette morosité.<br /> C'est uniquement mon point de vue !
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