Ils l'ont dit Express...
Ils l’ont dit « Express » rien que pour embêter les gauchistes…
Ce que j’adore c’est l’évaluation : qui dit évaluation, dit note ou appréciation, ce qui veut dire déjà que selon votre bord politique, vous êtes un cancre ou pas. Je ne veux pas prôner l’apolitisme ou une neutralité de bon goût parfaitement illusoire et hypocrite, non ce n’est pas ça : mais de là à distribuer des points, ils y sont allés fort…
Je prends connaissance du dossier :
Un sondage pour les gens de gauche puis les gens de droite : avec quelle personnalité politique partiriez-vous en vacances ? Sans surprise, les résultats : à gauche, la majorité (28%) veut bien de Ségolène tandis qu’à droite, la même proportion veut de Nicolas.
Une distribution des lieux de vacances selon une géographie partisane :
« Le tourisme de gauche s’est développé à côté des lieux investis par les bourgeois (…) sur le littoral du Languedoc-Roussillon où villages de vacances et campings sont sortis de terre dans les années 1960 et 1970. Sur les côtes de la Manche aussi…. » La Lozère, l’Ardèche, le Gard et l’Aveyron : c’est pour la gauche bobo.
La droite (attention pour l’Express, si vous n’êtes pas nanti, vous ne pouvez pas être de droite c’est mathématique) : Deauville, Saint-Tropez, Cannes et Nice, …
Ce que j’aime dans cet article, ce sont les activités selon votre appartenance partisane :
La droite c’est « les sports solitaires ou en comité restreint –tennis, golf, alpinisme – et les disciplines nautiques qui nécessitent un matériel onéreux –plongée, voile, chasse sous-marine » : encore une fois si vous n’êtes pas riche et que vous votez à droite, vous vous êtes trompés de groupe si l’on en croit l’Express.
A gauche, « ce sont les sport collectifs comme le beach volley »…
Et ce que j’adore c’est la conclusion : « Il y a, dans les vacances de gauche, le besoin d’appartenir à une communauté et de s’inscrire dans un rythme collectif (…) Les classes populaires aspirent à la conformité, au faire comme tout le monde. Le vacancier bourgeois, lui, veut au contraire se décaler. (…) Qui a dit que les vacances étaient apolitiques ? »
Apparemment, en plus de classer les appartenances politiques selon le compte en banque (même si je suis tout à fait d’accord que statistiquement il y a un lien corrélatif très fort), l’Express classe les activités de vacances par appartenance partisane, mais il oublie que si le pauvre préfère faire comme tout le monde, c’est peut-être parce qu’il n’a pas les moyens de faire autrement. Déjà que pour partir en vacances, il ne faut pas être tout à fait pauvre, mais ça, c’est une autre histoire.
Non, l’Express préfère comprendre dans le choix des vacances un trait de caractère : les pauvres sont des moutons, les riches des indépendants. Un bel article, merci, Anne Vidalie.