La trollesse

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Des visites guidées sont organisées dans les favelas brésilienne pour les touristes, lesquels ne sont pas des curieux malsains (Libération 26/27/08) : " Nous cherchons au contraire à montrer aux touristes que la favela n'est pas aussi dangereuse, laide et pauvre qu'on le dit", affirme le directeur de l'agence. D'ailleurs il y a pire, constate un touriste : "la vraie pauvreté, c'est plutôt le Laos", tandis qu'un autre estime que " les pauvres sont parfois plus heureux que les riches". Les pauvres pourraient peut-être visiter des ghettos de riches pour mieux apprécier leur chance suggère le Canard Enchaîné du 30/08.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres (avec de chouettes photos de vacances ! Et en plus, y' pas de droits à payer aux figurants, ils doivent être tellement contents...).

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Avis aux passants,
* Roulements de tambour *

J'ai délaissé ce blog, faute d'avoir pris le temps de continuer, alors que mes études s'achevaient et que ma recherche d'emploi se prolongeait.

Depuis, j'ai trouvé un travail que j'apprécie beaucoup, puisque j'ai toujours aimé être dans le vent et si possible sous le soleil exactement.
Mon ours préféré dont vous pourrez trouver certaines parties de son anatomie et de sa vie ici-même, m'a dit ce soir, alors que je venais de recevoir un mail d'un passant en ces lieux : "tiens, toi qui ne sait pas comment décompresser le soir après le travail, tu devrais reprendre ton blog !"
L'idée n'est pas mauvaise, j'ai toujours quelquechose à dire...
Alors voilà, ça y est, ces lieux vont s'animer à nouveau d'ici peu, peut-être à un rythme moins soutenu qu'auparavant, mais la trollesse est de retour !

Ah, oui, et sinon, mon métier consiste à développer des projets éoliens et photovoltaïques, cela fait à présent bientôt un an que je le fait avec beaucoup de passion.

Merci aux visiteurs ayant laissé un mot ou envoyé un mail, c'est surprenant, mais cela fait plaisir ;-)



Facture ouverte : Le Nord et le Sud

Mercredi 28 juin 2006
Ouf, j’ai bien fait attention à ne pas oublier un « b » dans le titre…

 


Plus sérieusement : J’avais envie de faire part d’une expérience que j’ai vécu il y a quelques mois, malheureusement trop courte, qui m’a laissée sur ma soif.

J’avais déjà envie de voyager et surtout de m’installer quelque part à l’étranger, de préférence en Afrique, mais ce séjour a vraiment confirmer cette idée, qui n’est pas loin de devenir fixe. Je ne vais pas développer le pourquoi du comment, c’est juste pour dire que ce n’est pas par hasard que je me suis retrouvée en vacances au Sénégal et partout sauf au bord d’une piscine !!!

 




Voici les recommandations du jour . Attention ce ne sont que des banalités, mais si je le fais c’est parce que j’ai vu que ce n’était pas du tout évident pour tout le monde !!!

 

Arrêtez de faire ce que les toubibs en France vous disent de faire : ça se fait pas de refuser ce que l’on vous propose à manger ou à boire. C’est même insultant. Si vous avez la chance de rencontrer des personnes qui vous propose de partager un repas, il faut accepter. Ca paraît aberrant, mais j’en ai vu. A ce rythme là vous ne mangerez qu’au Club Med’, (personnellement c’est cette bouffe là dont je me méfiais). Par exemple, les œufs, y’a pas plus direct comme procédé de fabrication du producteur au consommateur. En plus ce serait penser que les gens ne savent pas comment on les conserve ou on les prépare, ce serait un peu vexant non ?

Et puis voyager c’est rencontrer et partager non ?

 

Si vous souhaitez aider et donner, à des enfants par exemple : n’achetez pas de cahiers en France mais sur place. En plus de l’avantage de ne pas charger vos bagages inutilement, vous contribuez à l’économie locale.

 

Si vous voulez donner et aider, ne donnez pas aux enfants qui mendient dans la rue, mais au responsable local (chef religieux, instituteur, associations de femmes,… renseignez-vous auprès de votre guide si vous en avez un). Cette personne le répartira équitablement et les gamins iront à l’école au lieu de courir après le touriste. Donner-leur de l’eau s’ils en veulent, mais pitié pas de bonbons ou de cochonneries : pensez à leurs dents et au fait de devoir de faire soigner quand on n’a déjà pas les moyens de vivre décemment ! Ne croyez pas que de telles actions vont vous transformer en héros de MSF ! Au contraire, les associations et ONG risquent de vous maudire pour ce type d’action.

 

Arrêtez d’engraisser la world touristic compagny : prenez des guides locaux. Soyez fair play : payez les autant que ce que vous auriez payé en passant par les services de l’hôtel. Ce n’est pas parce que ces hôtels emploient des locaux que ceux-ci ont un salaire décent (des fois oui, mais des fois non. Au moins par ce moyen, vous êtes sûrs qu’ils sont bien payés).

 

J’ai tenté l’envoi de colis dans la brousse via la Poste (UPS était vraiment trop cher), je ne vous le recommande pas. Le colis s’est à moitié perdu, il est arrivé 2 mois après et j’ai même pas pu faire jouer l’assurance car le procès-verbal n’est jamais arrivé. Faites des dons à des associations qui les feront parvenir par conteneurs par exemple.

 

Ne donnez pas vos médicaments, sauf à des associations compétentes.

 

Que dire d’autre…des banalités du genre, halte à la photo voyeuriste sur la misère environnante ? Demandez la permission (ça semble évident mais en fait pas pour tout le monde), dédommagez les personnes…. ?


 Un Zébu Zébusoif consentant. On lui a demandé la permission, je vous jure !









Evitez des réflexions du genre : comme c’est sale, franchement ils pourraient avoir une voirie digne de ce nom pour les détritus ! Entendu aussi, je vous le jure… Sauf que voilà, les sacs plastiques et autres joyeusetés, non biodégradables, ils viennent de chez nous ! Et si nous on les brûle (la pollution visuelle n’a jamais refilé le cancer, nos déchetteries si), eux au moins ils récupèrent ce qu’ils peuvent (quand je pense qu’en France, ce sont des « expériences pilotes et novatrices, on a tout apprendre…).

 


En plus côté propreté, on a eu un peu de mal...







C’est vrai que quand on est blanc, on se fait aborder (voire harceler pour les coins touristiques) de partout. Ce n’est pas parce qu’on est blanc, touriste, et potentiellement friqué, qu’on doit tout accepter. Mais ce n’est pas non plus pour ces raisons que l’on doit tout se permettre.

 

D’une manière générale, tout pousse le touriste à se conduire en consommateur. Pour moi, le voyage ce n’est pas ça. Ne pensez pas que parce que vous allez dépenser vos économies dans un pays pauvre cela va profiter aux gens qui en ont besoin, cela va surtout profiter aux compagnies occidentales qui ont la main mise sur le commerce local. S’ils se sont installés là-bas, ce n’est pas uniquement parce que le pays attire les touristes, c’est aussi parce qu’ils peuvent exploiter plus de gens (main d’œuvre pas chère, pas assez de protection du travailleur, etc…). Agissez comme vous voudriez qu’on le fasse avec vous. C’est élémentaire, mais je ne sais pas pourquoi, le soleil qui tape fort peut-être, ça ne l’est plus pour tout le monde une fois arrivé sur place !

 

J’ai certainement oublié beaucoup de choses encore !

 


Par Thulip
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Lundi 3 juillet 2006

Si vous avez trente ans et que votre homme vous a largué pour une fille de 20ans, c’est que vous êtes tendance, si l’on en croit le magazine Jalouse de juillet-août 2006 !

 

Si vous êtes dans ce cas, sachez que le marché des hommes sur le continent asiatique vous est ouvert ! En effet, du fait d’une pénurie de matière première, selon les estimations des démographes et selon l'excellent article paru dans Le Monde Diplomatique de juillet 2006 par Isabelle Attané, on estime que, à chaque année à partir de 2010, plus d’un million de Chinois resteront des candidats bredouilles au mariage, faute de femmes.  Selon Amartya Sen, économiste indien et prix Nobel d’économie en 1998, il manque « plus de cent millions de femmes aujourd’hui » dans le monde, essentiellement en Chine et en Inde.

 

Les raisons avancées :

-         Avortements sélectifs

-         Traitements inégaux des enfants (les filles ne sont pas soignées autant que les garçons)

-         Traitements inégaux des femmes adultes

Ce sont les trois raisons majeures de ce déficit, sachant que l’infanticide n’est pas le comportement le plus déterminant.

 

Il faut donc se rendre compte que le seul fait que les filles aient un statut social inférieur à celui des garçon suffise à engendrer une telle situation !

 

L’auteure de l’article ( Isabelle Attané) précise que deux facteurs habituellement opposés se conjuguent pour arriver à cette situation :

-         la société traditionnellement fondée sur des valeurs patricarcales, qui fait qu’il faut un fils « pour maintenir la famille, perpétuer son nom et en assurer la reproduction sociale et biologique ».

-         « le revers de la libéralisation économique et sociale, (pourtant l’argument en faveur de l’économie de marché souvent avancé est que c’est un progrès social. Personnellement, je n’y ai jamais cru, pour bien d’autres raisons, mais là on a une preuve fondée sur l’expérience de millions d’individus), qui fragilise un peu plus les femmes, auparavant déjà en position d’infériorité au niveau social et économique.

 

Nous pourrions imaginer que les femmes ayant reçu une bonne éducation parmi les classes supérieures réagiraient autrement. Il n’en est rien : « Le recours (en Inde) à la sélection prénatale touche plus massivement les classes les plus favorisées économiquement et les plus instruites… Les femmes les plus autonomes (économiquement) recourant plus souvent aux avortements sélectifs que les autres.

 

On estime qu’en 2030, il y aura 20% d’excédent d’homme par rapport aux femmes.

 

On pourrait penser que ce qui est rare est cher, que quand c’est cher on en prend soin et que donc les femmes seront à l’avenir mieux traitées ! Attention, ceci est un syllogisme. Dans les faits, les familles vont acheter des femmes dans les pays voisins, les marient de plus en plus jeunes (risques morbides en cas de grossesse trop précoce…). On pourrait penser que vu le prix qu’elles coûtent, on en prend soin. Que nenni : comme elles sont achetées, elles sont considérées comme des objets. C’est un peu comme une nouvelle voiture, au début elle est flambant neuve, on la chouchoute mais à l’usage elle n’est plus assez cotée à l’argus et comme c’est votre chose, vous avez le droit d’en faire ce que vous voulez….

 

Dans l’article il est fait mention d’un ouvrage d’Amin Maalouf (écrivain que j’apprécie tout particulièrement, je vous recommande sur un autre sujet l’édifiant ouvrage Les identités meurtrières), Le Premier Siècle après Béatrice : « Si demain les hommes et les femmes pouvaient, par un moyen simple, décider du sexe de leurs enfants, certains peuples ne choisiraient que des garçons. Ils cesseraient donc de se reproduite et, à terme, disparaîtraient. Aujourd’hui tare sociale, le culte du mâle deviendrait alors suicide collectif » (A. Maalouf).

 

Bien loin de moi l’idée de critiquer la culture d’un peuple en oubliant de balayer devant ma porte (chose plus que répandue, mais c’est autre sujet), au contraire, j’estime que nous sommes également une société fondée sur un modèle patriarcal et que l’économie de marché, la libéralisation, n’est pas du tout favorable aux femmes (qui font l’objet de davantage de discriminations au travail, mais également dans la sphère domestique). Par ailleurs, je vous rappelle les récents cris d’alarme sur le taux de mortalité des femmes battues en France, phénomènes dont tous les sociologues s’accordent pour dire qu’il est répandu dans toutes les classes sociales !

 

En fait, il nous suffit d’observer le reste du monde avec une lunette déformée pour voir nos propres travers. Mais la situation présente nous indique qu’en ce qui concerne les pays asiatiques, le « mâle est déjà fait ».

Bien loin de moi de critiquer les hommes sans balayer devant la porte des femmes : je ne souhaite pas accuser ces messieurs, car nous femmes, sommes souvent partie prenantes de ces pratiques (les excisions sont pratiquées par les femmes, avant même que l'autorité paternelle en aie fait la demande...). Quand une femme de ma famille ayant une autorité certaine me dit qu'il n'est pas bon pour une femme qui a des enfants de travailler, je suis désolée, mais c'est bien elle et non pas un homme qui me l'affirme. Nous sommes donc tous responsables, hommes, femmes, et ce quelque soit le continent.

Le continent asiatique nous en apporte la preuve, plus criante que jamais, démesurée, pour des raisons structurelles propres mais également pour d'autres, que nous connaissons un peu plus.

Bien loin de moi l'idée de me revendiquer comme étant féministe ou pas : j'apprécie simplement l'égalité des rapports sociaux, de principe mais surtout de fait. Et là y'a encore à dire et à faire.
Non?

Par Thulip
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Mercredi 12 juillet 2006

Voilà qui est fait.
Edit pour apporter quelques précisions :
Cette image est  tirée des observations satellites. Les zones claires que vous voyez sont les zones du monde qui sont éclairées, et les sombres, celles où il n'a pas assez, ou pas du tout de lumières. Cela nous permet de nous rendre compte de l'énergie que nous utilisons à la seule fin de l'éclairage et cela nous permet de voir les zones très peuplées du globe.
Mais cette image est trompeuse pour qui n'est pas suffisamment attentif : regardez par exemple le contient africain et cherchez l'erreur. A en croire cette image, il n'y a personne sur ce continent ! A peine plus qu'en Antartique !
Il faut s'arracher les yeux pour trouver Madagascar... Certaines grandes villes africaines sont invisibles ! J'attire donc votre attention sur ce que l'on ne voit pas.


Cette image est belle, mais elle est terrible dans ce qu'elle nous dit. Ne trouvez-vous pas ?

Et vous, que voyez-vous ?

Pour une lecture détaillée du monde, je vous recommande l'ouvrage Le Dessous des cartes (du nom de la génialissime émission télé), collectif  (Jean-Christophe Victor, Virginie Raisson, Frank Tétart) chez Tallandier, 2005, réed. 2006.
Par Thulip
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Vendredi 28 juillet 2006
J’ai toujours pensé qu’acheter des fringues (ou autres produits) pas cher, c’était soutenir les firmes qui délocalisent pour réduire les prix, qui en profitent pour licencier sous prétexte que ce n’est pas assez rentable (ce veut dire qu’ils peuvent faire plus de bénéfices ailleurs, pas qu’ils sont en faillite) et qui abusent du dénuement des salariés des pays pauvres pour les exploiter davantage encore (les firmes n'ont aucun intérêt à voir le niveau de vie et le niveau social évoluer car il faudrait les payer décemment. Les firmes encouragent par contre leurs gouvernements à laisser faire en contrepartie de quelques "compensations").

 
Bref, j’ai toujours eu des scrupules à acheter pas cher (mais comme beaucoup, mes moyens financiers ne me permettent pas toujours d’être en adéquation avec mes principes).

Lors de mes achats pour avoir le look de l’emploi, j’ai eu un regret en achetant le top à moins de 10 euros et beaucoup moins pour la jupe à 48 euros (soldée : prix initial 160 euros). Je sais bien que je payais là en plus des salariés et de l’usine qui l’ont fabriquée, le magasin et ses employés à qui je l’ai achetée (et j’en suis très contente), mais également une marque (j’en suis un peu moins contente).

Mais j’avais bonne conscience en me disant que chacun devait réussir à se servir au passage, ce qui me faisait nettement douter en ce qui concerne ce top à moins de 10 euros : là c’était sûr quelqu’un s’est fait arnaqué au passage.

 

Je pensais donc que la jupe avait été fabriquée en Europe de l’Ouest et que le top venait de Chine.

Par ailleurs, un ami sénégalais nous a fait la surprise de nous envoyer des habits couleur Afrique dernièrement (merci Mame, ça nous a fait super plaisir !).

 

A votre avis, d'où viennent les produits suivants :

- La jupe Diesel à 160 euros

- Le top de marque pas connue à 10 euros

- Les habits de mon ami sénégalais

 

 

 

 

 

Suspense….

 

 

Réponse :

 

-La jupe Diesel est made in Morocco (Maroc)

- Le top de marque pas connue est made in France

- Les habits de mon ami sénégalais sont made in USA

 

Je suis peut-être bête mais je n’y comprends plus rien et j’en perd mon latin, et vous : pouvez-vous m'expliquer ? Et pendant qu'on y est  : à quoi pensez-vous lorsque vous achetez quelque chose de cher ou de bon marché ? 

Par Thulip
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Samedi 29 juillet 2006

Pardon pour la provocation du titre : cependant j'estime faire partie des couillons.

J’ai dit dans un précédent article, avoir le désir ardent de voyager, voire même de poser mes valises pour quelques temps, afin de mieux découvrir une culture. Je reviendrais peut-être plus avant un jour sur mes motivations personnelles.

Voici un sujet d’actualité estivale (ça et les tests psycho des magazines féminins) : le tourisme.

 

Ecoeurée par l’exploitation des personnes, par le désastre environnemental et écologique du tourisme de masse orchestré par des tours opérateurs sans morale, j’ai donc cherché à partir « solidaire », ou « équitable » si vous préférez : cela veut dire que je veux que l’argent que je dépense (hormis le billet d’avion, mais heureusement on vient d’inventer une taxe qui va me donner bonne conscience, enfin une fois que je saurai où va vraiment cet argent), atterrisse dans les poches des personnes qui vivent dans le pays qui m’accueille. Je ne veux pas que mon séjour alourdisse la facture écologique (enfin le moins possible, un voyage en avion étant gourmand en kérosène, je n’apprends rien à personne).

 

Et donc, je suis prête à payer un peu plus cher (si je le peux) au nom de mes principes.

 

Oui, mais voilà : le tourisme équitable, solidaire, éthique ou à vocation de développement durable est à la mode : C’est bien et c’est pas bien.

C’est bien car de plus en plus de personnes prennent conscience de l’impact de leurs habitudes de consommation sur l’environnement et les pays fragilisés (en premier lieu, mais pas que), et que par conséquent, les acteurs du commerce sont bien obligés de prendre en compte cet aspect afin de satisfaire leurs clients.

Ce n’est pas bien, car de plus en plus de compagnies se mettent cette jolie étiquette sur le front, sans que l’on puisse vérifier la véracité de leurs dires. Or, en cas de mensonge à l’égard du consommateur, celui-ci risque de se détourner en pensant qu’il n’a aucun moyen d’être sûr, alors pourquoi accepter de payer plus cher dans de telles conditions ?

 
Des organisations et des associations de vigilance semblent tout de même très bien faire leur travail, souhaitons-leur de proliférer afin que les dérives soient de moins en moins possibles.

 

Mais soyons honnètes : le tourisme est équitable pour qui ?

Pas pour 99% de la planète : le coût d’un tel séjour vol compris pour une semaine commence aux alentours de 2000 euros en général (Pour les destinations lointaines, et cela peut chiffrer bien plus !). Voici quelques estimations d’une personne dont c’est le métier de transformer des chiffres en réalités :

 

Dois-je rappeler qu’environ 20% des habitants de la planète détiennent plus de 80% des ressources ?

Pas pour l’environnement : si l’éco-touriste ramasse ses papiers gras, il a quand même pris l’avion.
















Tableau de Jean-Marc Jancovici : Emissions de gaz à effet de serre par passager (en kilos équivalent carbone). Les chiffres s'entendent pour un aller-retour, et tous gaz à effet de serre confondus. La barre rouge représente le maximum des émissions annuelles de CO2 par personne en-dessous desquelles il faut redescendre pour stabiliser la concentration en CO2 dans l'atmosphère. L'auteur du tableau conclut que la lutte contre le changement climatique n'est pas compatible avec la généralisation du transport aérien.



















Tableau de Jean-Marc Jancovici : émissions de gaz à effet de serre par mode motorisé, en grammes d'équivalent carbone par passager/kilomètre. Sources : ADEME, INRETS, calculs personnels.



Très bien, on pourrait se dire qu’il vaut mieux partir équitable que partir avec le Club Med’(au hasard), au moins, les salariés seront payés correctement et pourront vivre décemment. J’essaie de me faire à cette idée, mais en fait, je ne suis pas toujours sûre que les gens à qui je vais rendre visite m’attendent vraiment. Peut-être se portent-ils bien mieux sans mon kérosène, peut-être n’ont-ils pas envie de me faire partager leurs cultures : ce n’est pas une démarche qui va de soi, non ?


On se fonde sur le postulat que le monde a besoin des touristes, mais ce postulat mériterait d’être analysé.

 

Si au moins cette quête de solidarité menait à une démarche plus humble et plus respectueuse des touristes face à leurs hôtes, ce ne sera pas si mal : « Le tourisme est dangereux par nature» affirme Ranil Senanayake (ingénieur agronome Sri lankais). Je vous conseille la lecture de son interview chez Politis (liens en fin d'article). 

Il est vrai que le tourisme est dangereux pour au moins deux raisons : la première parce que trop nombreux sont encore les touristes qui se conduisent en clients rois dignes des temps de la colonisation.
Tout leur est dû et les peuples qui les accueillent sont perçus au mieux comme des démunis au pire pour des incultes. Le touriste va donc se faire un devoir de leur expliquer les règles d’hygiène, de bienséance, que sais-je encore (ah oui, j’oubliais le droit de cuissage exotique).

La seconde parce que les hôtes sont confrontés à des consommateurs incapables de se passer de leur montre, de leur téléphone, de leur clim’ ou de leur soda, qu’ils font étalage de tout un attirail de biens de consommation auxquels les hôtes n’ont pas accès : il ne faut pas confondre transmettre le virus de la consommation aiguë et apporter le progrès, il y a une énorme différence.

 

Que vous dire, si comme moi vous tenez à aller à la rencontre de l’autre et du monde ? Voici les premiers éléments qui me viennent à l’esprit, à vous de compléter ensuite, vos suggestions sont les bienvenues :

Quand vous achetez un produit, vous n’hésitez pas à demander au vendeur s’il est vraiment efficace : n’hésitez pas à demander, et à chercher à savoir, si l’agence de tourisme qui vous vend le voyage est vraiment « équitable ». On vous répondra avec plus ou moins d’ardeur, qu’importe, il s’agit de faire pression en tant que consommateur.

Quand vous arrivez dans le pays en question, vivez au maximum comme vos hôtes, renoncez à vos habitudes occidentales : ils vivent sur place, ils savent mieux que vous a priori.

Oubliez vos habitudes de touriste-client-roi que l'on vous a inculqué à Saint Trop', et dites vous que vous êtes un touriste-élève.

Privilégiez les déplacements lents et non polluants : animaux, vélo, pieds, ce que vous voudrez (j’ai fait un séjour avec un parcours en quad, cette erreur ne se répétera plus, promis).

Privilégiez les séjours longs si vous prenez l’avion.

N’hésitez pas à faire un rapport à l’agence qui vous a vendu le voyage si vous constatez des abus, parlez-en, histoire de faire pression.

Et arrêtez de croire ce que vous disent les agences de voyage : vous ne faites pas  un cadeau en partant en tourisme solidaire (c’est le discours misérabiliste des agences de voyage et c'est vraiment horrible d'oser fonder un argument commercial sur ça), non : au mieux, vous limitez les dégâts. Mais si on pouvait tous s’y mettre ce sera déjà pas mal.

Sources et ressources :

Politis.

Les tableaux de Jean-Marc Jancovici.

Revue Décroissance n°32, été 2006.

Source image des touristes dans le rythme.

Source image du chapeau colonial.

Première illustration : oeuvre de l'artiste Duane Hanson.

Par Thulip
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Dimanche 6 août 2006

Dans mon article sur le tourisme équitable, je dénonçais notamment l’attitude des touristes-clients qui consiste à penser la chose suivante : j’ai payé mon voyage, le client est roi, je suis un roi.

Mais je n’avais pas abordé la question du tourisme sexuel, ce que je me propose de faire à la faveur d’un article de Franck Michel dans Le Monde Diplomatique de ce mois-ci, « Vers un tourisme sexuel de masse ? ».

En effet, le tourisme sexuel découle presque naturellement du tourisme tout court. Nous avons tous en tête le cliché de l’occidental dans la cinquantaine, Allemand ou Nord-américain de préférence, en quête d’une jeune Thaïlandaise. Apparemment le profil du touriste client sexuel se diversifie, il est de plus en plus jeune. Par ailleurs, les femmes occidentales s’y mettent également : à Goa, en Inde, en Jamaïque et en Gambie.

La théorie de cet article et des ouvrages sur lesquels il s’appuie me semble intéressante pour expliquer ce phénomène :

- Tout d’abord le fait de s’offusquer vis-à-vis du tourisme sexuel en direction des enfants : c’est vrai que c’est particulièrement horrible, mais celui en direction des adultes aussi (surtout qu’en général, ils n’ont pas attendu 18 ou 21 ans pour obtenir une carte professionnelle). Cela conduit à une indulgence vis-à-vis de la prostitution en soi et de ses clients.

- Ensuite l’argument selon lequel cela permet à des pauvres de s’en sortir (le mythe de call-girl de luxe qui aime ça).

- La pornographie : il y a un lien évident entre « la prostitution qui n’est que la traduction pratique de ce que la pornographie propose. Les deux univers s’accordant pour instrumentaliser les êtres humains et industrialiser les corps ». Tout le monde connaît la pornographie, même votre enfant de 10 ans a déjà vu des annonces publicitaires la vantant.

- La violence sexuelle : tout le monde la connaît, au moins à travers le prisme médiatique du porno chic, mis en valeur dernièrement par certaines marques commerciales au travers de leurs campagnes de pub, qui est « un paradoxe et une confusion tout à l’image de notre culture du porno chic et soft qui célèbre la domination du mâle à l’heure où sa virilité paraît moins assumée. »

 

Tout le monde sait qu’à l’autre bout du monde, le touriste s’autorise des écarts de conduite impensables dans son pays d’origine. Pas forcément en rapport avec le sexe d’ailleurs. Mais cet état d’esprit facilite ce passage du client roi au client sexuel. Il est si facile de draguer une jeune vendeuse de bibelots, de lui offrir un verre, de proposer de lui acheter tous ses bibelots si elle accepte de lui servir de guide pour une journée, une nuit, une semaine, et de ne pas se demander ni son âge, ni rien en fait : il suffit de payer. L’argent déresponsabilise. Le pouvoir économique est sans commune mesure avec la pauvreté de ces pays, c’est si simple, pour ce modeste employé occidental, de se sentir roi, fort, puissant, avec quelques euros ou dollars. Et magnanime en plus, grâce à lui, la petite pourra aller à l’école, n’est ce pas ?

 

Je ne parle même pas des blancs expatriés dans les pays pauvres (et je ne parle pas de tous !), mais si vous connaissez un peu cet univers, vous saurez de quoi je parle : la beauté exotique, les cadeaux qu’elle demande et qu’on lui fait, …

 

Tout le monde a en tête des films ou des romans nous vantant la prostitution de luxe, le généreux client qui devient amoureux fou et offre de belles robes à sa princesse en location, je n’ai pas besoin d’insister sur les clichés dans lesquels nous baignons depuis des années. Idem, le mythe de la prostituée nymphomane, on connaît tous. Vous connaissez celui des étudiantes qui veulent connaître la vie avant de devenir des dames convenables ? Moi je connais, cela se passe jusque dans les toilettes de ma fac. Oui, c’est sûr c’est uniquement pour le goût de la luxure, le prix d’une année universitaire et les critères d’obtention d’une bourse ou la difficulté de cumuler job et étude n’y sont pour rien.

Vous, parents, vous mettez en garde vos enfants contre les messieurs inconnus qui viennent leur offrir des bonbons. Vous faites bien. L’enfant est confiant, l’enfant dans le besoin est coopérant. Ne faites pas de distinguo entre prostitution de l’enfant et de l’adulte : les deux sont liées, et parfois l’apprentissage commence tôt.

J’ai connu une jeune Bulgare (19 ans), battue par son mari dans son pays, à qui un ami a proposé de devenir serveuse dans son restaurant en France, à Strasbourg. Elle ne parlait qu’un dialecte, était quasi illettrée, on lui avait pris ses papiers, elle a été mise sur le trottoir de force et avait autant peur de son proxénète que de rentrer dans son pays et de retrouver son mari violent et alcoolique. Comment a-t-elle eu le courage d’aborder un passant dont elle venait de comprendre la langue pour lui demander de l’aide ? Par quel miracle ce passant l’a-t-il prise en pitié sans vouloir abuser de sa détresse et connaissait-il cette association oeuvrant contre la prostitution ? Ca c’est la bonne partie de l’histoire que je connais, le reste, après avoir été hébergée dans une famille d’accueil (c’est comme ça que je l’ai connue), est de se soumettre aux autorités françaises qui l’ont renvoyée dans son pays. Nous n’avons pas de nouvelles.

 

Arrêtons l’hypocrisie. Tout se marchande, même l’humanitaire. Le sexe est un commerce  parmi d’autres, (on parle aujourd’hui d’industrie du sexe comme l’on parle d’industrie du tourisme), ancré dans notre civilisation, commerciale et patriarcale. Et quand la femme se libère, elle veut dominer comme les hommes.

Ouvrons les yeux, il n’y a pas d’autres manières pour faire changer les choses. Ne dites pas à vos enfants que la pornographie c’est un truc réservé aux adultes consentants, dites leur que c’est le premier pas vers l’exploitation de l’homme par l’homme, la commercialisation de ce qui ne devrait pas se vendre.

Voilà, finalement j’ai dit ce que je pensais de la pornographie alors que je m’étais abstenue dans cet article (et que je n’aurai pas dû). N’y voyez rien de moraliste là-dedans, je ne dénonce pas les jeux sexuels, mais leur marchandisation et notre société malade qui se soigne avec de l’argent et du pouvoir.

Source image.

Par Thulip
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Mercredi 16 août 2006

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai toujours adhéré à l’idée selon laquelle la France, bien qu’elle ne soit pas toujours très claire dans ses affaires avec notamment son soutien à certains régimes politiques en Afrique et qu’elle fasse partie des pays vendeurs d’armes, aidait les pays pauvres et avait un vrai engagement humanitaire : et bien si vous êtes comme moi, révisez cette idée, c’est ce que l’on appelle une idée reçue.

En effet, Le Monde (dont mon article est largement inspiré, « une fois n’est pas coutume ») nous apprend aujourd'hui que le Center for Global Development a élaboré un classement des 21 pays les plus riches pour leur engagement face à la lutte contre la pauvreté des pays pauvres : la France arrive 18ème sur 21 !

Pourquoi ? Cette classification comprenant 7 critères, il va devenir évident qu’en effet, la France est un cancre (j’avais dit avoir honte d’être française quand Nicolas Sarkozy juste après un de ses éclats tonitruants en matière d’immigration avait fait un voyage en Afrique en représentant ainsi la France, mais j’étais en dessous de la réalité: si seulement il n'y avait que lui ! ) :


1. L’aide évaluée en pourcentage brut mais pénalisée lorsqu’elle l’est en direction des états corrompus (autrement dit une aide qui finit directement dans les mains d’un dictateur ou d’un pouvoir arbitraire).

2. Le commerce : Les barrières à l’importation des produits des pays pauvres et les subventions qui provoquent surproductions et effondrement des prix. Par exemple, le Japon qui taxe le riz importé à 900% ! En France, nous avons des barrières de ce type sur les produits de l’agriculture (et en plus, si vous voulez mon avis, c’est inefficace, mais c’est un autre débat).

3. L’investissement dans les pays pauvres : encouragé ou découragé. Disons que ce critère n’est ni vraiment encouragé, ni découragé en France : « peut mieux faire » !

4. La politique d’immigration : ai-je besoin de développer ? Les meilleurs élèves : la Suisse et l’Autriche (rappelez vous ce que l’on a dit dans nos médias vis-à-vis de la xénophobie en Autriche suite à l’épisode de Jörg Haider, la prochaine fois, il faudra qu’on balaye devant nos portes…).

5. L’environnement : et bien, oui, l’environnement. J’ai toujours défendu l’idée que mener une politique allant à l’encontre des intérêts de l’environnement était une baffe  qui arrivait en premier sur les pays les plus pauvres qui n’ont pas les infrastructures et les moyens d’y faire face ! (L’Inde, le Pakistan et la Chine rachètent à bas prix les composants des ordinateurs qui arrivent par conteneurs entiers et qui sont démantelés sur place pour récupérer ce qui peut être récupéré, en laissant sur place une forte pollution : le traitement des déchets dangereux par les Etats-Unis, c’est lucratif : ils arrivent encore à en tirer un bénéfice ! Ceci n’est qu’un exemple, on pourrait penser à nos propres déchets radioactifs, aussi…).

6. La contribution au maintien de la paix : ce critère est contrebalancé par d’autres actions, comme la vente d’armes. La France est une très mauvaise élève dans ce critère. A peine mieux que la politique migratoire.

7. La diffusion des technologies, mise en balance avec les brevets protégés par la propriété intellectuelle. La France est bien notée pour la recherche, mais pas pour les brevets à l’inverse du Canada.

 

Conclusion : en un an, la France a perdu trois places, ce qui est énorme. Les mauvais points : son aide aux pays pauvres tout à fait intéressée (soutien à des régimes pas si démocratiques que ça en fonction d’autres intérêts), sa politique migratoire et la vente des armes.

 

Cette étude a le mérite de nous faire comprendre la France avec d'autres lunettes, et je ne sais pas pour vous, mais je crois que c’est utile. Il y a des élections à venir, à vous de voir. Et puis quand vous êtes dans un pays pauvre, s’il n’est pas question d’entretenir le complexe de l’Occidental, il ne sera pas non plus question de penser que la France aide. 18ème sur 21, franchement c’est une honte.

Les meilleurs élèves : Pays-Bas, Danemark, Suède et Norvège.

Les pires : France, Italie, Grèce (question politique migratoire, je crois qu’ils détiennent le record de l’Union Européenne) et Japon (le 21ème donc).

Petit P.S. : Aujourd'hui sur le blog de Critias, la citation de cette phrase de Patrick Devedjian (Député UMP des Hauts-de-Seine) , qui je l'espère, fera réagir tout le monde :

"Les Français ne se déterminent jamais sur la politique étrangère.
C'est malheureusement un domaine d'ignorance et de consensus"

Par Thulip
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