La trollesse

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Des visites guidées sont organisées dans les favelas brésilienne pour les touristes, lesquels ne sont pas des curieux malsains (Libération 26/27/08) : " Nous cherchons au contraire à montrer aux touristes que la favela n'est pas aussi dangereuse, laide et pauvre qu'on le dit", affirme le directeur de l'agence. D'ailleurs il y a pire, constate un touriste : "la vraie pauvreté, c'est plutôt le Laos", tandis qu'un autre estime que " les pauvres sont parfois plus heureux que les riches". Les pauvres pourraient peut-être visiter des ghettos de riches pour mieux apprécier leur chance suggère le Canard Enchaîné du 30/08.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres (avec de chouettes photos de vacances ! Et en plus, y' pas de droits à payer aux figurants, ils doivent être tellement contents...).

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Texte Libre



Avis aux passants,
* Roulements de tambour *

J'ai délaissé ce blog, faute d'avoir pris le temps de continuer, alors que mes études s'achevaient et que ma recherche d'emploi se prolongeait.

Depuis, j'ai trouvé un travail que j'apprécie beaucoup, puisque j'ai toujours aimé être dans le vent et si possible sous le soleil exactement.
Mon ours préféré dont vous pourrez trouver certaines parties de son anatomie et de sa vie ici-même, m'a dit ce soir, alors que je venais de recevoir un mail d'un passant en ces lieux : "tiens, toi qui ne sait pas comment décompresser le soir après le travail, tu devrais reprendre ton blog !"
L'idée n'est pas mauvaise, j'ai toujours quelquechose à dire...
Alors voilà, ça y est, ces lieux vont s'animer à nouveau d'ici peu, peut-être à un rythme moins soutenu qu'auparavant, mais la trollesse est de retour !

Ah, oui, et sinon, mon métier consiste à développer des projets éoliens et photovoltaïques, cela fait à présent bientôt un an que je le fait avec beaucoup de passion.

Merci aux visiteurs ayant laissé un mot ou envoyé un mail, c'est surprenant, mais cela fait plaisir ;-)



Thulip a les crocs

Dimanche 2 juillet 2006

Je ne sais plus où j’ai trouvé cette recette mais quand je l’ai lue, je me suis dit : j’adore cette recette ! Jugez plutôt :

Pour 4 personnes : 4 parts de poulet, 1 citron, 1 cuill. à s. de miel, 2 cuill. à s. de yaourt, 4 cuill. à s. de menthe hachée, sel & poivre.

Préparation : mélangez tous les ingrédients (sauf le poulet). Grillez le poulet. Servir la sauce accompagnée du poulet.

Bon j'ai décidé de couper les filets en morceaux car je préfère faire le tri entre la viande et euh, le reste...

Le concept : "prendre tous les ingrédients, les mélanger et c’est prêt et en plus c’est moi qui l’ai fait ! " Génial.

 
J’ai donc tenté : en fait j’ai rajouté une gousse d’ail hachée menue et la prochaine fois je mettrais un peu moins de miel. Mais mon ogre et moi ont a adoré.







Les pommes de terre persillées, c’est mon homme qui les a amoureusement préparées (mais vous pouvez accompagner ce plat de riz aussi !).

 

Miam à tous.


En plus à part la présence du miel, ça me semble assez léger.

Par Thulip
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Vendredi 21 juillet 2006

Le sujet est bien plus sérieux que le titre en fait : en 1986 est né en Italie le mouvement « Slow Food » qui au départ était simplement anti Mac Do. Depuis l’association s’est développée et tente de promouvoir une idée positive : la bonne bouffe.

Par ailleurs, leurs analyses ne s’arrêtent pas à nos seuls estomacs mais également à une étude de nos sociétés contaminées par le fast food : ce phénomène est révélateur du mal-être de notre société, où le consommateur se rue dans son frigo, pour satisfaire la moindre pulsion au-delà de ce que réclame son corps.

 

Légende : Claes Oldenburg Floor Burger, 1962.



L’idée maîtresse est que « La table est un lieu de culture et d’apprentissage », en effet c’est là où l’on apprend " à maîtriser ses instincts – la faim – en attendant le repas. Cet apprentissage de l’autolimitation"  nous aide à devenir libre.

En outre, autour d’une table nous ne faisons pas que de nous y nourrir, car c’est un lieu culturel, social et politique. Quand on voit que bien souvent il nous arrive de nous nourrir devant un écran de télé, il est peut-être temps de se dire qu’on devrait apprendre à avoir du plaisir à partager et à se contenter de la simple compagnie de notre entourage ou bien du plaisir à manger de bonnes choses. A une amie, qui était à un moment de son existence souvent seule et qui voulait perdre les 10 kilos pris en 3 mois, je lui ai dit de commencer par éteindre la télé et de se concentrer sur ce qu’elle mangeait.

L’association Slow Food attire également notre attention sur le fait que si le goût « n’est que très partiellement inné, et partiellement hérité socialement, le goût s’apprend, le goût s’éduque, et cela à tous les âges. »



Mais à cette note positive il faut s’alarmer du fait que l’apparente diversité des produits que nous consommons est factice : « En France, 98% du lait est issu de seulement trois races de vaches, contre plusieurs dizaines il y a 50 ans. Quant à la charcuterie, elle est presque entièrement produite à partir d’une seule race de cochon, le Large White. Il y a une standardisation des animaux et des végétaux qui se traduit par une standardisation des goûts… ».







Légende : Duane Hanson, Supermarket Shopper, 1970.


P
ar ailleurs, bien consommer coûte cher. Quand vous n’avez pas les moyens, à vous les colorants, les arômes artificiels et le bœuf 100% graisse, tendons et ligaments. Regardez les étiquettes, celui qui contient le plus de viande est le plus cher. Celui qui n’a pas été trop allaité aux antibiotiques et qui a déjà vu la couleur verte aussi. Comparez les prix des légumes bio et des autres. Nous savons tous que l’obésité touche davantage les catégories sociales défavorisées que les autres : la question de l’éducation au goût y est sans doute pour quelque chose, mais les calories vides contenus dans les aliments pas chers également. Nous assistons donc à une forme d’empoisonnement rémunérée d’une classe sociale en particulier.

Mais si les ressources économiques expliquent pour une part ce phénomène, il est toujours possible d’éduquer aux repas et ça c’est pour tout le monde pareil. En outre, j’ai remarqué que pour des taux similaires en matières grasses, je mets trois fois moins de comté acheté plus cher mais qui a un goût de comté, pas seulement de fromage, que du fromage avec une appellation approximative emballé sous plastique pas cher mais sans goût si ce n’est celui d’un fromage… (Le premier qui me dit que c’est sacrilège de mettre du comté dans ses pâtes, je le nourris au Kiri pendant un mois).

Cette démarche s’inscrit dans une démarche plus globale, celle de la décroissance. Je vous avoue m’intéresser de près à ce mouvement, bien que n’adhérant pas à tout. Pour ce que je connais de ce mouvement, beaucoup d’idées sont intéressantes et faisables, comme celle-ci (si nous sommes de plus en plus nombreux à consommer autrement, il faudra bien que l’on produise autrement), d’autres me laissent encore sur ma faim. J’espère pouvoir vous en parler régulièrement.

En effet, je trouve la démarche de Slow Food intéressante car :

Tout le monde à son niveau individuel peut faire quelque chose.

Il nous appartient d’éduquer le goût de nos enfants.

Il nous appartient de prendre du plaisir en mangeant.

Il nous appartient de refaire des repas des moments privilégiés pour les sens et pour les gens qui nous entourent.

Ne pensez pas que nous ne pouvons rien faire contre l’industrie agroalimentaire, notre pouvoir d’achat est notre arme : nous pouvons privilégier notre consommation, tout d’abord vers des produits simples, ensuite si nous en avons les moyens, vers des produits respectueux de la nature, des animaux et des hommes.

En ce moment, il fait chaud, on a moins envie de manger non ?

Sources : bimestriel La Décroissance, le journal de la joie de vivre, n°32.

Par Thulip
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Jeudi 24 août 2006

Vous vous souvenez peut-être que j’avais abordé le mouvement Slow Food avec un article intitulé « Prendre du plaisir en mangeant, l’arme anti-bourrelets » il y a quelques temps déjà. Quelle ne fut pas ma surprise, agréable je dois l’avouer, lorsque j’ai lu cet article dans Le Monde Diplomatique de ce mois-ci, qui nous apporte quelques éclaircissements supplémentaires sur le sujet : Carlo Petrini nous explique en préambule qu’il s’agit de « sortir la gastronomie de son enfermement mondain et sybaritique* » et de lui « restituer ses valeurs culturelles et écologiques ».

En effet, manger n'est pas un acte anodin comme on veut bien nous le faire croire. C'est pour certaines personnes un luxe, mais c'est également une manière de se positionner dans le monde.






Légende : Asperges, Edouard Manet, 1880.

Pour résumer l’esprit de cet article, exiger de bien manger en respectant tout autant l’équilibre physiologique et la santé de l’Homme que celui de la planète, c’est un acte politique car c’est « un outil politique d’affirmation des identités culturelles, et un projet de confrontation avec la mondialisation en cours », ce qui n’est apparemment bien compris par les militants de gauche qui voient ce mouvement comme de « l’épicurisme dégénéré ». Sans doute n’ont-ils pas pris ces « paysans » du monde au sérieux : d'une part, les profils des quelques 100.000 adhérents sont très différents, et par ailleurs, mépriser ces gens sous prétexte que ce sont des « paysans » est non seulement tout à fait déplacé et mais également suicidaire : on mange tous, non ? Alors autant les écouter et s’intéresser à nos assiettes, qu’en dites-vous ?

Si dans certains pays développés, l’activité tournant autour de l’agriculture et de la production des aliments tourne autour de 2% seulement c’est parce que l’on ne cherche pas à produire des aliments respectueux de l’Homme et de la Planète, mais des aliments commercialisables. Je le disais déjà, les conséquences sur l’environnement et la biodiversité sont désastreux, notre alimentation s’est appauvrie car si pour du jambon, nous avons l'impression d'avoir un choix parmi toutes les marques et les recettes disponibles au supermarché, il faut savoir que pour 98% de cette production, il y a une seule race de cochon derrière (or il y en a, il y en avait, beaucoup, de races de cochons avant). Ceci pour l’exemple (je détaille un peu plus dans l’article précédent). L’affaire de la Vache Folle rappelle sans doute à beaucoup d’entre nous cette problématique, mais nous pourrions citer bien d’autres exemples : l’impact du Fast Food sur la santé par exemple (si vous n’avez pas vu Super Size Me, je vous le conseille).

Cette diversité n’est pas seulement garante de notre santé, mais également de la diversité culturelle, ainsi que de l’économie des différents endroits du monde : nous avons mis beaucoup de temps à développer une science du savoir se nourrir et de produire la nourriture, il est regrettable de l’oublier, surtout si cela va à l’encontre de notre santé et de celle de la nature, non ?

Voici quelques évènements ayant eu lieu autour de la problématique, qui nous le voyons, n’est pas que de bien manger, mais aussi mieux produire et mieux vivre, respecter les différences et les savoir-faire de chacun (tout un programme face à la mondialisation. Attention je ne suis pas en train de critiquer la mondialisation, elle est ce qu’elle est : mais autant conjuguer nos différences et nos forces pour en faire quelque chose de meilleur pour tous, autant réfléchir à l’échelle mondiale pour notre santé et celle de la nature, non ?) :

Un petit lien Miam ! Le salon du goût de Turin.

Nourrir la matière grise avec la création de la première Université des Sciences Gastronomiques en Italie (Pollenzo et Colorno).

Et Slow Food en France ? C’est ici !

Se réunir avec Terra Madre (5000 personnes à Turin en octobre 2004) : prochain rendez-vous du 24 au 26 octobre 2006 à Turin. A l’ordre du jour de cette réunion, affirmer le droit à la souveraineté alimentaire et à la liberté de faire son propre travail. Elle regroupera comme la précédente des paysans, des pêcheurs, des nomades et des artisans, (en 2004 : 1200 communautés de l’alimentation de 130 pays du monde étaient présentes). Elle réunira également des universitaires spécialistes de la question, des chefs de cuisine, ainsi que des consommateurs : « manger est un acte agricole » nous dit Wendell Berry, poète paysan du Kentucky.

Vouloir bien manger n’est pas comme le disent les détracteurs un mouvement épicurien lié à « la décadence bourgeoise », c’est sans doute une opportunité réelle de se réunir à l’échelle mondiale et de faire marcher la démocratie à grands pas.

 

Moi ça m’a donné envie d’aller à Turin en octobre : j’ai faim ! (il y a encore des places de libre pour les ateliers, dépêchez-vous !).

* Ben oui, j'ai cherché dans le dico ce que Carlo voulait dire par là : alors un sybarite désigne une personne qui mème une vie molle et volupteuse (contraire : ascète) selon dictionnaire Hachette.

Source image.

Par Thulip
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