La trollesse

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Des visites guidées sont organisées dans les favelas brésilienne pour les touristes, lesquels ne sont pas des curieux malsains (Libération 26/27/08) : " Nous cherchons au contraire à montrer aux touristes que la favela n'est pas aussi dangereuse, laide et pauvre qu'on le dit", affirme le directeur de l'agence. D'ailleurs il y a pire, constate un touriste : "la vraie pauvreté, c'est plutôt le Laos", tandis qu'un autre estime que " les pauvres sont parfois plus heureux que les riches". Les pauvres pourraient peut-être visiter des ghettos de riches pour mieux apprécier leur chance suggère le Canard Enchaîné du 30/08.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres (avec de chouettes photos de vacances ! Et en plus, y' pas de droits à payer aux figurants, ils doivent être tellement contents...).

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Texte Libre



Avis aux passants,
* Roulements de tambour *

J'ai délaissé ce blog, faute d'avoir pris le temps de continuer, alors que mes études s'achevaient et que ma recherche d'emploi se prolongeait.

Depuis, j'ai trouvé un travail que j'apprécie beaucoup, puisque j'ai toujours aimé être dans le vent et si possible sous le soleil exactement.
Mon ours préféré dont vous pourrez trouver certaines parties de son anatomie et de sa vie ici-même, m'a dit ce soir, alors que je venais de recevoir un mail d'un passant en ces lieux : "tiens, toi qui ne sait pas comment décompresser le soir après le travail, tu devrais reprendre ton blog !"
L'idée n'est pas mauvaise, j'ai toujours quelquechose à dire...
Alors voilà, ça y est, ces lieux vont s'animer à nouveau d'ici peu, peut-être à un rythme moins soutenu qu'auparavant, mais la trollesse est de retour !

Ah, oui, et sinon, mon métier consiste à développer des projets éoliens et photovoltaïques, cela fait à présent bientôt un an que je le fait avec beaucoup de passion.

Merci aux visiteurs ayant laissé un mot ou envoyé un mail, c'est surprenant, mais cela fait plaisir ;-)



Mercredi 20 septembre 2006
Je passe en coup de vent histoire de vous donner quelques nouvelles et de m'excuser de cette absence prolongée, en remerciant Juliette et Dom pour leur inquiétude : rassurez-vous, tout va bien ! Mon mémoire est relié et même rendu (quoique ma directrice de mémoire m'a appelé en catastrophe hier pour me dire qu'elle ne l'avait pas eu, mais bon...) : Je soutiens demain !
Aujourd'hui, je dois assister à un colloque car j'ai participé à son organisation. Bref, comme vous le voyez, j'ai l'esprit assez occupé ces derniers temps !
Je vous promets un retour prochain entre la fin de cette semaine et le début de la prochaine, en fonction de mon état d'esprit (j'ai besoin de vacances !!!).


A très bientôt !!!
par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Mercredi 30 août 2006

Je ne sais pas si vous cochez et grattez compulsivement, mais pour les personnes concernées, on va pouvoir leur décerner la palme du bon citoyen !

Un calcul des gains et des pertes pour les accrocs aux jeux de la Française des Jeux (Loto, Solitaire et tous les autres. Premier constat : Plus les Français jouent, moins ils gagnent et plus l’Etat s’enrichit !

9.5 milliards d’euros ont été misés en 2005 (contre 8.5 en 2004), ce qui représente deux fois le budget du Ministère des Affaires Etrangères ou de celui de la Justice et trois fois le montant de « l’aide au développement, qui fait, paraît-il, la réputation de Chirac à l’étranger » (Pour mémoire, mon article sur le sujet).

Plus les Français jouent, plus ils perdent : en un an, l’augmentation des gains est de 3.8% alors que celle des mises est de + 4.3%.

Nous pouvons remercier ces généreux joueurs pour les 2.5 milliards d’euros prélevés par l’Etat en 2005 qui ont fini dans le budget général (et va donc participer au financement de la Sécu par exemple).

Remarquez, heureusement que les joueurs sont là, ce n’est pas sur nos gestionnaires d’Etat qu’il faut compter pour faire entrer de l’argent dans les caisses de l’Etat : Les Echos du 24/08 révèle qu’une estimation a été commandée à la Cour des Comptes pour calculer le coût des diminutions de charges sociales accordées aux entreprises : il est recensé 46 réformes visant à la réduction des charges afin de lutter contre le chômage depuis 1993 (dont 36 depuis janvier 2005). Résultat des calculs : la facture pour l’Etat était de 3 milliards en 1993, elle est de 20 milliards en 2004 (c'est-à-dire le tiers du déficit des finances publiques). Moi je dis qu’on ne joue pas assez au Loto.

Au fait, je ne vous ai jamais parlé de mon job étudiant de serveuse guichetière dans un PMU (non pas celui où les gentils papis arrivent avec leur grille du week-end : non, je parle de celui avec les départs de canassons en direct sur la télé qui fonctionne 7jr/7 et toute la journée ainsi que la soirée…). Il faudrait que je vous parle de l’addiction au jeu, que je n’ai connu par l'observation  sur le terrain : un même joueur pouvait tenter de vous arnaquer et 5 minutes après donner 20 euros de pourboire (pour la chance). Un même joueur (joue encore) pouvait  vous hurler dessus si vous frôliez son journal en passant (j’ai du lui porter la poisse un jour) mais demander des conseils sur votre chiffre porte-bonheur. C’était de bons citoyens aussi. Certains, au chômage ou à la retraite, dépensaient tout leur argent du mois en quelques jours. Bon je sens que je vais encore me faire des ennemis : je précise tout de suite qu’il y a plusieurs types de joueurs et que ceux-ci sont les plus terribles. L’addiction au jeu est une maladie reconnue depuis 1958 par le corps médical.

 

Sources : Canard Enchaîné du jour.

Sur l’addiction au jeu, voir ici et ici.

Source image.

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Lundi 28 août 2006

Imaginez une île déserte, l’île de Vorovoro, faisant partie de l’archipel des Fidji : ils sont 5000, dont 4900 qui regardent et 100 autres qui vivent à tour de rôle sur l’île pendant une durée de 1 à 3 semaines. « Tribe Wanted » se propose de constituer une tribu sur une île déserte. Les inscriptions sont encore ouvertes, si vous souhaitez participer à la construction de cette communauté sur une île de 80 hectares en compagnie de milliers d’autres personnes du monde entier, cet appel est pour vous !

Tout est à faire, il n’y a pas d’eau (enfin si, tout autour et certainement y a t-il une source ou des points d'eau mais l'acheminement reste à organiser) et pas d’électricité (si vous êtes un spécialiste de l'énergie solaire, votre candidature sera appréciée). Le principe politique est la démocratie : une personne, une voix.

Non, ce n’est pas la dernière émission de télé réalité du moment ! Sur les 5000 membres attendus, 800 personnes ont déjà acheté leur droit de séjour : l’aventure commence en septembre ! Je parle de membres, mais les fondateurs parlent eux de tribu. Dans leur équipe, j’ai repéré notamment une psychologue chargée de surveiller le développement de la communauté tribale. Apparemment, c’est d’ailleurs un séjour dans une famille autochtone qui sera décisive pour l’un des fondateurs.

Le principe : vous achetez votre droit de séjour pour une durée de 1 à 3 ans (178 à 519 euros). Vous avez le droit d’y séjourner entre une semaine et trois semaines par an selon le montant payé. Une fois sur place, vous participez au développement durable et écologique de l’île : selon le site, le seul consentement à la technologie sera l’installation de l’ADSL. Quand vous n’y êtes pas, vous pouvez suivre les aventures et les progrès des autres grâce à Internet et à une chaîne télé (ils ont recruté une journaliste télé parmi leurs membres).

Les fondateurs, Ben Keene et Mark James attendent des personnes du monde entier, (bien sûr ce seront majoritairement des occidentaux…Il ne faut pas se leurrer).

J’ai cherché des pistes d’explications pour comprendre ce qui peut motiver un tel projet : sincèrement, c’est un joyeux mélange d’histoire religieuse, philosophique et de mouvements écologiques et démocratiques tendances : au moins, il y en a pour tout le monde et c’est ce qui fait l’intérêt et la force du projet. Cependant, les motivations des membres de la tribu pouvant dès lors être si diverses, nous pouvons craindre qu’ils ne parviennent pas à se rejoindre sur un projet commun ce qui remettrait sérieusement en cause le concept de tribu ! D’ailleurs, je me suis demandé pourquoi le séjour était si court : 3 semaines par an au maximum et la communauté si nombreuse (5000 personnes). Il doit y avoir des motivations économiques, c’est certain, mais peut-être y a-t-il une motivation stratégique, c'est-à-dire éviter qu’un groupe ou deux ne prennent l’ascendant sur le reste de la communauté ou qu’il y ait des conflits de motivation entre plusieurs « clans ». Ben oui, une tribu c’est bien, des clans c’est pas bien.

Ce projet saupoudré d’écologie, de démocratie et de bonnes intentions s’inscrit dans une tradition mythologique autour de l’île déserte où tout est à reconstruire sur de nouvelles bases, et si l’on en croit l’auteur d’Hétérotopes, la seule place à prendre dans la communauté qui soit honorable est celle… d’idiot du village ! Je vous invite à lire la mise en perspective historique et philosophique de l’expérience insulaire du monde occidental selon cet auteur. Très simplement et pour reprendre un de ses exemples, un séjour annuel écologique qui entend que vous preniez un avion sur des milliers de kilomètres chaque année n’est pas franchement si respectueux de la nature que cela (cf. mon article mettant en lumière le rôle des courts séjours lointains du tourisme)! La petite analyse que fait cet auteur sur l’expérience de Lost est également éclairante, (mais si vous n’avez pas encore vu la saison 2, je vous déconseille de la lire).

 

Les fondateurs mettent en avant un véritable projet démocratique, chaque membre pouvant potentiellement diriger cette île : 12 chefs seront élus. Ce point me semble intéressant : est-ce le fruit du hasard qui les a fait choisir 12 chefs ? Je n’en suis pas certaine : gageons que nos deux fondateurs connaissent sur le bout des doigts la mythologie occidentale ainsi que les « grandes » religions monothéistes. En effet, ce chiffre n’est pas sans rappeler les 12 tribus d’Israël. Pour les écrivains bibliques, c’est le nombre de l’élection, celui du peuple de Dieu, de l’Eglise : Israël (Jacob) avait 12 fils, ancêtres éponymes des 12 tribus du peuple hébreu (Genèse). L’arbre de vie portait 12 fruits ; les prêtres, 12 joyaux. Jésus choisit 12 disciplines (bon d’accord, il y a aussi l’Armée des 12 singes, mais sérieusement, je suis sûre que ce chiffre n’est pas anodin pour ce projet).

Vous l’aurez compris, à mon avis ce projet est une belle idée sur une carte postale, mais l’est-il réellement dans ses intentions et ses applications concrètes ? Je vous laisse juger !

Illustrations images tirées du site de "Tribe Wanted".

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Samedi 5 août 2006

Ils l’ont dit « Express » rien que pour embêter les gauchistes…

Alors cette semaine, un dossier dans l’Express : Vacances de gauche, vacances de droite, Qui va où ? Evaluez-vous.

Ce que j’adore c’est l’évaluation : qui dit évaluation, dit note ou appréciation, ce qui veut dire déjà que selon votre bord politique, vous êtes un cancre ou pas. Je ne veux pas prôner l’apolitisme ou une neutralité de bon goût parfaitement illusoire et hypocrite, non ce n’est pas ça : mais de là à distribuer des points, ils y sont allés fort…

Je prends connaissance du dossier :

Un sondage pour les gens de gauche puis les gens de droite : avec quelle personnalité politique partiriez-vous en vacances ? Sans surprise, les résultats : à gauche, la majorité (28%) veut bien de Ségolène tandis qu’à droite, la même proportion veut de Nicolas.

Une distribution des lieux de vacances selon une géographie partisane :

« Le tourisme de gauche s’est développé à côté des lieux investis par les bourgeois (…) sur le littoral du Languedoc-Roussillon où villages de vacances et campings sont sortis de terre dans les années 1960 et 1970. Sur les côtes de la Manche aussi…. » La Lozère, l’Ardèche, le Gard et l’Aveyron : c’est pour la gauche bobo.

La droite (attention pour l’Express, si vous n’êtes pas nanti, vous ne pouvez pas être de droite c’est mathématique) : Deauville, Saint-Tropez, Cannes et Nice, …

Ce que j’aime dans cet article, ce sont les activités selon votre appartenance partisane :

La droite c’est « les sports solitaires ou en comité restreint –tennis, golf, alpinisme – et les disciplines nautiques qui nécessitent un matériel onéreux –plongée, voile, chasse sous-marine » : encore une fois si vous n’êtes pas riche et que vous votez à droite, vous vous êtes trompés de groupe si l’on en croit l’Express.

A gauche, « ce sont les sport collectifs comme le beach volley »…

Et ce que j’adore c’est la conclusion : « Il y a, dans les vacances de gauche, le besoin d’appartenir à une communauté et de s’inscrire dans un rythme collectif (…) Les classes populaires aspirent à la conformité, au faire comme tout le monde. Le vacancier bourgeois, lui, veut au contraire se décaler. (…) Qui a dit que les vacances étaient apolitiques ? »

Apparemment, en plus de classer les appartenances politiques selon le compte en banque (même si je suis tout à fait d’accord que statistiquement il y a un lien corrélatif très fort), l’Express classe les activités de vacances par appartenance partisane, mais il oublie que si le pauvre préfère faire comme tout le monde, c’est peut-être parce qu’il n’a pas les moyens de faire autrement. Déjà que pour partir en vacances, il ne faut pas être tout à fait pauvre, mais ça, c’est une autre histoire.

Non, l’Express préfère comprendre dans le choix des vacances un trait de caractère : les pauvres sont des moutons, les riches des indépendants. Un bel article, merci, Anne Vidalie.

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Jeudi 3 août 2006

Je dois «  un peu » accélérer la cadence si je veux rendre un mémoire en septembre mais ne vous inquiétez pas, la trollesse garde un œil attentif et vigilant sur son blog ainsi que sur le concours de « ceux qui ne partent pas en vacances » (en comptant sur votre participation).

 

J’essaierai d'écrire tous les jours, mais peut-être que mes articles seront un peu moins fouillés en ce qui concerne les sujets de société ou l’actualité, (ils seront moins longs du coup !), peut-être un peu moins agrémentés de mes remarques et de mon vécu : qu’importe, j’attends vos commentaires avec plaisir !

Et si je suis bien sage, mon mémoire sera peut-être à la hauteur de mes espérances, dans ce cas, je vous en reparlerai un peu !

 





En attendant un prochain article, petit intermède : les médecins et moi, une longue histoire d’amour :

 

- Docteur, pourquoi j’ai toujours faim à 11h15 ?

- Et vous, il remonte à quand votre dernier rapport ?

- Elle est truquée votre balance, non ? (ah si ça j’ai demandé)

- Ah bon les antidépresseurs, ça soigne la mononucléose ?

- Ah bon, il existe un stérilet pour nullipare qui fait même pas mal ?

- Ah bon, il faut prendre un antidépresseur pour arrêter la cigarette : et pour arrêter l’antidépresseur, je prends quoi ? De l’héroïne ? (Je n’y suis jamais retournée)

- Ils vous ont offert quoi au laboratoire pharmaceutique pour que vous me fassiez avaler ça ?

- Comment ça c’est de ma faute si je n’ai pas supporté le médicament : ah bon on ne peut pas être adulte et faire moins de 50 kilos ? De toute façon, votre balance est truquée : vous en faites un usage personnel ?

- Comment ça, « apte au travail » ?!

- Non, non, je vous assure, il y a des gens en Afrique qui boivent et mangent, et ils le supportent très bien.

- Vous saviez que les poissons d’eau douce au Texas sont remplis de Prozac ? (Courrier International).

- Je fais pipi où je veux !

- Je sens votre aiguille à coudre dans la main, je peux avoir une autre piqûre dans l’os ? (la solution peut être pire que le problème).

 
Ce que j’ai dit à un médecin en arrivant aux urgences (à pieds, en ayant perdu la moitié de mon sang) avec une main coupée (on voyait l’os) :

- Bonjour, vous m’excuserez, je ne vous serre pas la main.

Une autre fois :

- Comment ça, vous entubez vos patients ?!

 

Ce qu’un médecin a osé me dire :

- Vous saviez que vous aviez un magnifique col de l’utérus ?

Fin de l'intermède médical.

Ah oui, au fait, chères et chers bloggeurs(ses) : si vous me voyez m’installer sur votre blog un peu trop longtemps, vous avez le droit de me chasser à coup de pieds aux fesses, histoire de me rappeler à mes obligations universitaires,


Merci d’avance, et dans l’attente de vous lire,

 

Trollesquement,

 

Une trollesse chado-maso.

 

 




Source images.

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Samedi 29 juillet 2006

La magie d’Internet est que c’est un lieu d’échanges et d’information qui se contrefiche des barrières nationales et étatiques. C’est un lieu d’expression qui n’est pas toujours fiable mais qui a le mérite de permettre tout à chacun de faire éclater parfois des vérités que certains voudraient cacher.

A la suite de Critias, j’utilise ici mon blog comme relais et je réponds présente à l’appel du réseau Voltaire qui « a décidé d’apporter son soutien à l’ambassadeur Murray et de braver la censure en publiant les preuves de la culpabilité de la Couronne… (et qui ) appelle tous les autres sites d’information à les reprendre à leur tour ».

 

Voici en quelques mots l’histoire, pour ceux qui souhaitent en savoir plus, je leur conseille d’aller sur le blog de Critias qui héberge les documents dans cet article, qui dérangent tant les autorités britanniques.

Craig Murray, est diplomate britannique depuis 1986. Il a occupé divers postes importants, notamment au Nigeria, en Pologne et plus récemment en tant qu’ambassadeur de la Couronne en Ouzbékistan, de 2002 à 2004. Il a été démis de ses fonctions après s’être publiquement opposé au soutien apporté par la Coalition de la "Guerre au terrorisme" à la dictature d’Islam Karimov. Il a dit être « victime de sa conscience ».


Il dénonce le soutien des Etats-Unis et du Royaume-Uni au régime tortionnaire d’Islam Karimov. Pour être brève :  Il a voulu faire publier son récit alimenté des preuves estampillées du sceau de la Couronne, ce qui lui a valu des ennuis avec la justice de son pays. Il a donc choisi de publier sur Internet. Son site ayant déjà fait l’objet d’attaques, il nous appartient de relayer l’information afin qu’Internet empêche la loi du silence.

Outre les motivations politiques qui conduisent à la loi du silence, la position du Royaume Uni à l’égard de la torture est révoltante : « La position juridique du Foreign Office est qu'il est illégal d'obtenir des renseignements sous la torture, mais légal de les posséder. Pas pour l'ancien diplomate, en poste à Tachkent de 2002 à 2004, car «si vous acceptez de tels renseignements, vous créez un marché pour eux», nous apprend le journal La Libre Belgique.

 

Je suis l’incapacité technique d’héberger tous les documents mis à la disposition des internautes sur le réseau Voltaire et sur le site de Craig Murray. Si vous n’êtes pas de ce cas et que vous souhaitez soutenir Craig Murray, si vous croyez dans le pouvoir de ce réseau mondial, qui a ses défauts mais aussi beaucoup de qualités, qu’est Internet, n’hésitez pas à les héberger à votre tour en allant les chercher sur le site du réseau Voltaire ou bien chez de bonnes âmes comme Critias.

 

Nous sommes, nous les internautes, démunis pour avoir tous les éléments de preuve et d’information. Ce manque de ressources se compense par une plus grande liberté.

 

Nous ne devons pas, en vertu du principe de précaution, nous taire. Il s’agit d’interpeller l’opinion publique au sens large. C’est ce que je prétends faire modestement à mon échelle aujourd’hui.

Et s’il s’avère que l’on cherche à cacher des informations ou faire taire les personnes qui nous alertent, par des personnes, des Etats et des institutions au nom d’intérêts qui nous échappent, c’est toujours un pas en faveur de la liberté d’expression et de la vérité que de se faire le relais de ceux qui ne sont pas d’accord pour se taire.

Voilà ce qui me motive.

 

Sources et ressources autres que celles précitées dans l'article :

Craig Murray sur Wikipédia.

L'article de la Libre Belgique cité.

Source image.

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Mercredi 26 juillet 2006

Allo ? Salut M’man, ça va ? Devine quoi ?

T’as eu ton permis ?

Nan !!!!! J’ai eu mon code ! (*sbaf* et une trollesse qui a perdu tous ces effets, une !)

Ah… Ben c’est super. Ecoute là je suis au travail, je te rappelle d’accord ?

Ok !

 

Trois semaines plus tard, toujours rien… Bizarre. Elle est partie en vacances ? Je n’y tiens plus, j’appelle.

 

Allo ? Salut M’man, ça va ?

« Vroummmm…Vroummmm…Vroummm… »

Oui, ça va très bien… Ecoute, je fais un tour en moto là…

Tu fais de la moto maintenant ?!

Non, mais tu sais bien « l’ami » dont je t’ai parlé un jour, il a une moto… Ecoute, je te rappelle ce soir, OK ?

OK…. Hey, maman, maman, attends !!!...

Oui ?

Surtout évite de sourire à moto…

« Rires »… A ce soir ! Je te rappelle ! Bisous !

 

 

Quelques heures plus tard, le téléphone sonne :

Ben alors ce tour à moto ?

Super, super ! D’ailleurs tu ne le connais pas, mais « mon ami » t’embrasse… Tu sais bien, j’étais avec lui quand tu as appelé. J’ai parlé de toi du coup (t’étais pas obligée, note bien).

Oui, j’ai cru comprendre… Et sinon beau-papa, il va bien ?

Oh, tu sais bien comm’ il est… On doit partir une semaine en vacances, mais il ne veut pas confier ses chats… Il ne fait pas confiance à personne, même pas à sa fille pour leur donner à manger…

Ah oui, c’est sûr il faut bac +18 au moins… Il aurait mieux fait d’avoir 5 gamins, il serait calmé au moins (sous-entendu : toi maman, t’en as eu deux ça t’a calmé, hein ?)

Et euh, ton ami, c’est, euh, sérieux… ?

*chuchotement* Ecoute, je peux pas trop t’en parler là…Je suis à la maison...

Oui, c’est pour ça que je te pose des questions où tu peux me répondre par oui ou par non…

Ah, ben en fait, oui... *chuchotement* Va y avoir du changement.

Du changement ?

Ben tu sais c’est compliqué, il est marié et sa femme ne lui lâche pas les baskets (pas assez apparemment), et moi aussi je suis mariée… Mais bon, j’ai en trop dit ou pas assez là ?

Oui, c’est tout à fait ça, maman. Bon ben rappelle-moi hein et pas dans trois semaines !

 Promis ! (mon oeil).


Je raccroche :

Puuuuuuuuuuce ! Devine quoi ?

Mon ours se retourne : um ?

Ma mère, elle a un amant !

Bah c’est du beau !  dit-il d’un air renfrogné (ses parents à lui ne sont même pas divorcés, et ma mère en est  à ce jour à son 2ème mariage, remarquez attendre 55 ans pour partir avec un amant, c’est le délai de courtoisie non ?  C’est un véritable choc des cultures ce que je viens de lui dire. Je me mord la lèvre : flûte !)

Je crois que c’est sérieux…

Ouais ben j’espère que t’es pas comme elle !

*Sbaf* Nounours a mis KO la trollesse….

 

Plus tard on a discuté un peu, histoire de dédramatiser l’affaire entre mon Ours et moi…

Tu sais, s’il y a du changement, les repas de famille ont toutes les chances d’êtres plus sympas. En plus, ma mère changera de belle-mère, on peut pas avoir pire (la titulaire actuelle pète la forme, est omniprésente, fréquente les messieurs pour leur argent et est raciste comme pas deux. En plus ça sous-entend que l’attitude d’une belle-mère, ça compte, dans un couple).

Ouais ben moi mes parents ils étalent pas leur vie sexuelle devant leurs gamins !

Rappelle-moi, nounours, t’as été fabriqué comment ?

Non didiou, on va se marrer au prochain repas de famille, moi je vous l’dis !!! Pour une fois que je ne suis pas la vedette, je reprendrais bien une part de dessert, pas vous ?

Bon ça me permettra de me rattrapper car au second mariage de ma mère (le premier je suis excusée), j'ai réussi à arriver grave en retard, juste pour entendre le "Oui" de ma mère et j'ai fait paniquer la moitié de l'assemblée car par réflexe j'ai voulu fermer la porte de salle à la mairie... "Non, non, pas la porte !!!" J'ai failli faire annuler le second mariage de ma mère, une trollesse pareille vous n'en croisez pas tous les jours dans la rue, je vous l'dis !

Source image

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Dimanche 23 juillet 2006

J’ai 8 ou 10 ans :

Quand j’étais enfant, je voulais devenir pirate parce qu’avec ce métier on vivait pleins d’aventures, on se battait, on n’avait pas de problèmes d’argent (ou du moins ça se réglait assez facilement) et surtout, le plus important pour moi : on voyait du pays.

Mon papa avait fait le tour du monde, je l’ai vu sur des photos : Il était marrant habillé avec un cache-sexe quand il vivait dans une tribu amazonienne. J’ai adoré aussi son périple au Pérou : il avait ramené de superbes pull en laine de lama. Il y avait des araignées et des papillons géants qui décoraient le salon. Et moi je lisais des romans d’aventures, je regardais les Cités d’Or (et surtout : les documentaires à la fin des épisodes sur l’ancienne civilisation Inca). Je voulais faire comme lui et me promettais de m’y mettre à mes 20 ans. Cette idée, si l’on enlève la vocation de la piraterie, ne m’a jamais quittée. On m’a dit depuis que ce métier n’existait plus. J’ai depuis entendu parler du contraire sur la côte Ouest de l’Afrique.

Par ailleurs, j’étais rassurée : la copine de mon père m’a dit que quand je serais grande, je serais jolie. Ca peut aider, même pour être pirate, surtout si on a une jambe en moins.

J’ai voulu aussi être sage-femme, mais ça je ne me rappelle plus pourquoi.

J’ai voulu être vulcanologue, parce qu’on m’avait offert un livre sur les aventures de Maurice et Katia Kraft. Leur mort tragique ne m’a pas démotivée, non ce qui m’a démotivée, c’est qu’on m’a dit que les études sont longues et que surtout il fallait être bon en maths. Fin de la vocation, c’est un peu comme si on m’avait dit qu’il fallait trois bras pour faire ce métier : je n’avais donc pas le profil.

 

J’ai 12 ans :

Quand j’étais ado, je voulais toujours faire le tour du monde. En plus j’avais envie de partir de la maison : ça motive encore plus ! Mais je n’avais pas d’idée précise sur mon futur métier. Je lisais énormément (un livre par jour en moyenne), je dessinais et peignais beaucoup aussi. Je ne me voyais pas arrêter cette activité, mais je ne me sentais pas l’étoffe d’une artiste. Je me suis quand même orientée vers cette voie car les cours m’intéressaient. Peut-être cascadeuse, je faisais de la voltige équestre.

 

J’ai 15 ans :

Je passe mon temps à faire les pires bêtises, je sèche les cours, sauf ceux qui me plaisent. J’ai commencé à fumer. Pourtant étant enfant, je trouvais ça stupide. Je ne fume pas que des cigarettes. Je fais la fête. A 16 ans, j’ai mon appart’ pour moi toute seule. Je m’éclate. Mon appart est devenu un véritable atelier d’artiste. Mais je ne me dis pas artiste. Je dis juste que j’aime peindre, faire des installations, des expériences. Je participe à un concours de peinture dans la rue, que je gagne, mais c’était pour le fun. J’expose, mais c’est pour le fun aussi. Je pense toujours au tour du monde.

 

J’ai 18 ans :

Quand je suis devenue jeune adulte, je me suis aperçue que les études à la fac sont géniales. Je regrettais de ne pas pouvoir faire socio, droit, médecine et architecture en même temps. Je passais mon temps à des jobs alimentaires pour financer ce luxe. Ça fait 10 ans. J’ai une idée bien plus précise de ce que je veux faire à présent, mais le chemin est encore jalonné d’embûches. Je vis le jour pour mes études, la nuit et le week-end pour les sous, je suis barmaid et je connais la nuit comme ma poche. Je suis devenue plus que mince, je pèse 37 kilos pour 1.55m : je songe à penser à moi. Mais je suis indépendante, ça compte beaucoup pour moi.

J’ai décidé de ne plus voir mon père : il m’avait interdit de faire des études et c’était sans appel. Je savais ce qui était important pour moi, aujourd’hui je ne le regrette pas.

 

J’ai 25 ans :

Je ne peins plus, ça je le regrette. J’ai vécu un peu trop vite, j’ai oublié de prendre des pauses. Je ne monte presque plus à cheval, ça aussi je le regrette. J’espère que ce n’est que partie remise. J’essaye de calmer mon rythme de vie, de penser à moi. Le chemin est encore long. J’enchaîne les petits boulots, pas le choix, je veux continuer mes études. Et après, le tour du monde ?

 

J’ai 30 ans :

Je me suis mariée, ça je n’avais pas prévu ! En fait, étant enfant, je me voyais plutôt célibataire. Ma belle-mère avait raison (si tu me lis Colette, je t’embrasse très fort), on me dit souvent que je suis jolie, mais à présent j’aimerai bien le rester, malgré les années qui passent : je commence à me renseigner sur les progrès en esthétique réparatrice : j’ai des petites ridules, là, oui juste là, sous les yeux !  Plus tôt on commence, plus tard le lifting.

J’ai des crédits sur le dos pour finir mes études, je dois trouver très vite un travail. Un vrai travail. Qui m’épanouisse. C’est très important pour moi. Si je veux fonder une famille, il vaudrait mieux que je le fasse avant 40 ans. Mais je veux toujours faire le tour du monde. Pendant très longtemps, car ça fait longtemps que j’attends. Pour l’instant je connais un bout d’Europe, un peu de Sénégal, un peu de Canada : ça ne suffit pas !

Quand j’ai rencontré mon Ours, ce qui m’a plu c’est qu’il avait voyagé et vécu en Afrique. Je le lui ai rappelé dernièrement.  

 

Quand j’aurai 40 ans, j’espère avoir fait le tour du monde au moins une fois. Car je ne l’ai toujours pas fait. Peut-être aurai-je des enfants, je l’espère mais j’ai appris que dans la vie on ne fait pas ce qu’on veut. Je ne sais pas quel métier je ferai, car je sais que le travail est semé de circonstances pas toujours prévisibles, et que dans la vie, on ne fait pas ce qu’on veut, pas toujours. Ma mère dit encore que je n’en fais qu’à ma tête : si seulement ! C’est vrai qu’elle n’a jamais fait ce qu’elle a voulu, sauf son mariage, mais ça a été une belle erreur. Je ne veux pas faire comme elle et dire à 55 ans, j’aurai voulu être…. Assistance sociale, oui, c’était ça son rêve. Elle ne l’a pas fait.

J’aime l’idée de ne pas savoir exactement ce que je ferai dans x années, ce qui ne me rassure pas pour autant. J’ai découvert que je ne manquais pas de paradoxes. Je souhaite m’expatrier, pour quelques temps ou pour toujours. Je ne sais toujours pas comment. Je suis une touche à tout, j’aime tout essayer.

Vous ai-je dit que j’aimerai bien passer mon brevet de pilotage pour hélicoptère ?

 

Quand j’aurai 50 ans, j’espère être satisfaite de ce que j’ai fait, et avoir encore pleins d’envies dans la tête, des nouvelles, de celles qui n’ont pas encore émergé dans ma tête.

 

Le bilan d’aujourd’hui est positif et négatif à la fois. Je suis bien contente d’avoir persévéré dans mes études. Mais je n’ai toujours pas fait le tour du monde.

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par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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Jeudi 20 juillet 2006

Ce qui est bien dans ce système d’agencement des bureaux sur un lieu de travail, c’est que la communication est directe et sans filets. Le dialogue devient donc a priori plus sain, les relations interpersonnelles se nouent plus vite, plus facilement, personne ne se sent isolé et seul dans son coin.

Ce qui n’est pas bien, vous l’aurez à présent deviné, c’est que la communication directe et sans filets ne protège pas des bavures ou des paroles dites sans avoir eu le temps de bouillonner 7 fois dans la bouche. Les relations interpersonnelles peuvent vite devenir conflictuelles et personne ne peut s’isoler lorsqu’il a besoin de calme pour réfléchir sur son travail en cours. Par ailleurs, qui n’a pas reçu un appel de maman au bureau lève le doigt. Là ça devient carrément de la haute voltige : On ne peut pas dire « Euh, maman on en parle plus tard là… Non, mais là… Je peux pas te parler !!! »

Et là vous avez vexé celle qui vous a porté pendant 9 mois, changé vos couches, etc… et vos collègues sont certains que vous avez des choses à cacher, en particulier au travail. Tous les trésors de diplomatie dont vous avez fait preuve durant les derniers mois risquent d’être vains, le climat de suspicion à votre encontre peut même prendre quelques degrés.

Car dans un open space, on fait vite copain-copain, on laisse échapper des petites infos sur sa vie privée qu’on a soigneusement sélectionnées, c'est un travail de longue haleine.

Et en une seconde et demi : patatra !!!

 

Maintenant prenez un moment pour observer l’agencement des lieux dans le détail :

Lorsque vous arrivez dans un open space et que vous voulez savoir qui est important, qui ne l’est pas, qui dispatche les infos, qui est en odeur de sainteté et qui ne l’est pas, observez les bureaux :

Le bureau du stagiaire est en général entre deux courants d’air. Les étagères derrière sont celles pour l’archivage, pas pour son travail. Il a dans le meilleur des cas un ordinateur, le plus vieux et le plus pourri. Mais il aura beau tourner son écran dans tous les sens, impossible de créer une barrière symbolique entre lui et les personnes qui passent et peuvent à tout moment regarder ce que le stagiaire fait. Est-il utile de préciser que machine à café, fax et imprimante ne sont pas loin ?

Le bureau de la secrétaire- standardiste qui accueille les gens est forcément placé en direction de l’entrée. Elle voit mais on ne la voit pas. Son bureau est néanmoins facile d’accès pour que chacun puisse y poser son dossier sur la pile. Selon son statut vis-à-vis de Duboss n°1, elle choisit de râler ouvertement devant tout le monde, de se plaindre d’employé bis n°35 qui fait mal son boulot, ne donne pas ses notes de frais et n’est jamais pour répondre au téléphone ou pas. Si Duboss n°1 ne moufte pas, c’est gagné. S’il moufte, secrétaire-standardiste qui accueille les gens devra faire profil bas et personne n’ira la voir derrière son écran pour savoir ce qu’il ne va pas. Et surtout pas Duboss n°1.

Le bureau des employés secondaires hiérarchiquement leur permet de fermer de la vue des autres un côté mais pas les 4 autres. Ainsi Duboss selon ses intentions, choisit le côté pile lorsqu’il a un service à demander, et les trois autres côtés faces lorsqu’il opère un contrôle ou un serrement de boulons.

Le bureau de Duboss n°1 n’a qu’un seul côté d’accessible. Un escalier et/ou un mur barre au moins deux côtés, quant au troisième, il est ouvert visuellement mais de loin : un meuble bas de rangement, une seconde table pour y étaler des dossiers, fait obstacle physiquement le passage, mais les apparences sont sauves : tout le monde travaille bien dans les mêmes conditions.  Reste le 4ème côté : face au bureau de Duboss, s’il n’a pas envie de vous regarder pendant que vous lui parlez, il reste le nez collé dans l’écran. Vous ne pouvez pas vous déplacer autour pour capter son regard. Encore moins savoir ce qu’il se passe sur l’écran car les piles de dossier masquent le reste. Vous avez une impression de déjà vu, comme à la CAF ou au Trésor Public devant un guichet bien trop haut, entièrement vitré mais totalement hermétique. Qui plus est, il y a deux imprimantes dans l’open space : l’une chez la secrétaire – standardiste et l’autre en face du bureau de Duboss n°1 : cela permet de vérifier que l’encre et le papier sont utilisés pour le travail et pas pour les papiers perso. Cela permet de vérifier que chacun utilise bien du papier brouillon lorsqu’il n’imprime pas des documents officiels. Ce genre de contrôle est simple à opérer (la secrétaire râle sur le prix des factures et Duboss peut resserrer les boulons sur un truc plus simple plutôt que sur les compétences professionnelles, et ça permet d’asseoir, dans les deux cas, son autorité).

 

Le bureau de Duboss n°2 n’a pas trois côtés de fermés mais deux. Et Duboss n°2 s’y sent mal à l’aise. Il a donc pris l’habitude de prendre son ordinateur portable et d’aller bosser dans la salle de réunion plus loin. D’ailleurs tous ses dossiers y ont élu domicile. Ca tombe bien car cette salle sert aussi de salle de pause, il n’est donc pas tout à fait isolé, et s’il le veut, il peut revenir à son bureau officiel. C’est ce qu’on appelle du recul stratégique, à moins que ce ne soit recul dramatique car en fait au départ, il y avait deux Duboss n°1.

 

En conclusion, l’open space c’est bien pour la communication interne, mais uniquement en flux descendant, lorsque Duboss crie à travers l’espace : Duchmoll, t’as fait ce que je t’ai demandé ?! Si tout va bien vous répondez sur le même ton : Oui !!!! S’il y a un os, vous courrez à son guichet pour lui expliquer l’affaire sans l’ébruiter (perdu d’avance).

 

Et voilà, croyez-moi ou non, mais … Je me suis beaucoup amusée durant ce stage (Comme vous l'aurez deviné : mon stage est fini !!!) ! L’ambiance était pourrie comme vous pouvez l’imaginer. Il faudra que je vous parle du graphiste indépendant qui bosse chez lui un de ces jours.

Toute ressemblance avec des faits……..

 

Et vous, vous avez goûté à l’open space ? Que préférez-vous ? La configuration des lieux vous semble t-elle avoir une incidence sur le travail, vous semble t-elle être stratégique ?

Source image1

Source image 2

Pour la petite histoire, vous avez une idée sur l'origine de l'open space ? Moi j'ai ma théorie,  les plans panoptiques des prisons :


Légende : Hippolyte Le Bas, Prison de la Petite Roquette, vue à vol d'oiseau. 1830. Musée d'Orsay.

 

Rassurez-vous il n'y a pas qu'au travail que l'on rencontre ce type d'organisation spatiale, il y a (pour les constructions récentes) l'école aussi !

 

par Thulip publié dans : Les mouches de Thulip
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