La trollesse

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Des visites guidées sont organisées dans les favelas brésilienne pour les touristes, lesquels ne sont pas des curieux malsains (Libération 26/27/08) : " Nous cherchons au contraire à montrer aux touristes que la favela n'est pas aussi dangereuse, laide et pauvre qu'on le dit", affirme le directeur de l'agence. D'ailleurs il y a pire, constate un touriste : "la vraie pauvreté, c'est plutôt le Laos", tandis qu'un autre estime que " les pauvres sont parfois plus heureux que les riches". Les pauvres pourraient peut-être visiter des ghettos de riches pour mieux apprécier leur chance suggère le Canard Enchaîné du 30/08.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres (avec de chouettes photos de vacances ! Et en plus, y' pas de droits à payer aux figurants, ils doivent être tellement contents...).

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Avis aux passants,
* Roulements de tambour *

J'ai délaissé ce blog, faute d'avoir pris le temps de continuer, alors que mes études s'achevaient et que ma recherche d'emploi se prolongeait.

Depuis, j'ai trouvé un travail que j'apprécie beaucoup, puisque j'ai toujours aimé être dans le vent et si possible sous le soleil exactement.
Mon ours préféré dont vous pourrez trouver certaines parties de son anatomie et de sa vie ici-même, m'a dit ce soir, alors que je venais de recevoir un mail d'un passant en ces lieux : "tiens, toi qui ne sait pas comment décompresser le soir après le travail, tu devrais reprendre ton blog !"
L'idée n'est pas mauvaise, j'ai toujours quelquechose à dire...
Alors voilà, ça y est, ces lieux vont s'animer à nouveau d'ici peu, peut-être à un rythme moins soutenu qu'auparavant, mais la trollesse est de retour !

Ah, oui, et sinon, mon métier consiste à développer des projets éoliens et photovoltaïques, cela fait à présent bientôt un an que je le fait avec beaucoup de passion.

Merci aux visiteurs ayant laissé un mot ou envoyé un mail, c'est surprenant, mais cela fait plaisir ;-)



C'est troll'ment important

Samedi 17 juin 2006 6 17 /06 /2006 21:33
Je ne veux pas faire long : je souhaite avoir des avis sur le fait de se porter volontaire pour des tests de laboratoires pharmaceutiques.
Ce qui serait génial ce serait d'avoir des témoignages de personnes en ayant fait l'expérience. Je vous explique ce qui me motive :
Je viens d'envoyer ma candidature à un labo. Pourquoi? Si ma contribution peut aider à soigner les autres, génial. Mais mon intérêt est d'abord très personnel : je me suis endettée pour poursuivre mes études, je suis en stage non rémunéré, et ce, encore pour un moment , (ah le joyeux monde de la culture... Là où je fais mon stage, on a un emploi-jeune de 36 ans, alors les stagiaires...), il faut donc que je fasse entrer des sous. Pour le job d'étudiant en soirée ou le week-end, j'ai bien regardé mais mon emploi du temps en ce moment, c'est du 7jr/7 ;)
Bref, j'attends vos avis sur la question, ça m'aidera peut-être à réfléchir !
Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Lundi 19 juin 2006 1 19 /06 /2006 08:39
Posons les bases du jour : je suis stagiaire. J'ai 30 ans. Je me destine à bosser dans le monde culturel et donc, je fais partie de la génération précaire.
Je me suis endettée pour finir mes études (licence en histoire de l'art, maîtrise de science politique et master 2 destiné aux futurs professionnels de la culture). J'ai aussi travaillé pour financer mon cursus (environ une 40 aine de jobs en 10 ans).
D'ailleurs, sachez que si vous bosser pour payer vos études, il est inutile de compter sur les aides étudiants : c'est destiné aux étudiants, pas aux salariés. Idem, n'allez pas voir l'ANPE et l'ASSEDIC, c'est destiné aux chercheurs d'emploi, pas aux étudiants.
Donc je fais partie d'une catégorie sociale précaire et non prise en compte (ceci explique aussi cela). Pourtant, pourtant.... Mais oui, j'en suis sûre, j'ai déjà rencontré des gens comme moi !
Ah le doux statut de stagiaire non rémunérée (il faut que je tienne le choc financièrement pendant 4 mois) : vous avez un bac + 5, pleins de projets, vous arrivez plein de bonne volonté dans votre structure d'accueil et....
- vous remarquez qu'on aime à instrumentaliser le stagiaire au milieu des conflits de personnes.
- que votre bosse aime vous descendre, juste parce que vous êtes plus jeune et surtout si vous ne l'êtes pas tant que ça. A 20 ans, on vous  trouve mimi, niaise, etc.... Mais à 30 ans, on vous suspecte (de vouloir piquer son job au boss- je lui laisse sans problème - , d'avoir un esprit plus si malléable que ça et un peu trop critique -ben heureusement que je me tais - ?) Notez que je n'ai pas dit ce que je pensais encore, et d'ailleurs, je ne vois pas ce que j'y gagnerais en le faisant.
- on aime vous donner du travail largement inférieur à vos qualifications et à vos futures prétentions professionnelles. Finalement, j'aurais préféré me faire exploiter jusqu'au bout, c'est-à-dire en effectuant une vraie mission.
Mais qu'est-ce à dire? Cela signifierait alors que j'occupe un vrai poste sans être payée? Cruel dilemne, moi qui sait que je serais en concurrence avec des stagiaires une fois mes études finies.
Je n'ai qu'une chose à dire : non aux stages !
Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Dimanche 25 juin 2006 7 25 /06 /2006 12:28
Cet article fait suite à celui de Corinne dans son blog "Tout pour elles " , que j'ai trouvé très intéressant  :
http://toutpourelles.over-blog.com/article-3001856-6.html
Corinne nous parle d'une étude démontrant les bienfaits de la triple journée de la femme active sur son physique et sa santé : en effet, les femmes actives ayant des enfants sont dans leur ensemble plus minces et en meilleure santé que les femmes au foyer.
Voici le commentaire que j'y ai laissé :

J'ai comme un doute sur cette étude : ne s'agit-il pas de montrer que l'état actuel des relations hommes-femmes est positif pour tout le monde et que donc, il ne faut surtout rien changer?
Cette étude tient-elle vraiment compte des différences sociales : le niveau de salaire a me semble t-il une forte incidence et souvent, les femmes n'ont pas le choix car leur salaire passe pour une bonne partie dans les frais de garde...
C'est sûr que si on travaille et qu'on gagne suffisament pour payer nounou, femme de ménage tout en pouvant partir en vacances régulièrement, en fréquentant salles de gym, esthéticienne et tout le tralala...
Plusieurs études sociologiques françaises ont par ailleurs démontré que l'inégalité hommes - femmes au travail (en terme de promotion et de salaire) avaient leur origine dans la sphère domestique. Essayez donc de rester au travail jusqu'à pas d'heure pour finir le dossier duchmol si vous devez faire les courses, le ménage, aider aux devoirs et faire manger les gamins et que vous ne pouvez jamais compter sur votre mari ?
Je ne privilégie aucune des deux solutions (activité professionnelle ou pas) : l'important est d'avoir le choix. Et là, j'ai comme un doute.
Autre possibilité d'explication : les femmes 3 en 1 sont en meilleure santé et sont plus minces car elles ont une meilleure estime d'elles-mêmes (et donc elles font plus attention à leur personne) que celles qui sont à la maison parce qu'elles n'avaient pas le choix (économiquement mais aussi socialement...).
Je ne parle pas de celles qui ont fait le choix de rester à la maison. Pour moi, on ne peut que se porter bien dans la mesure où l'on mène une vie en accord avec ses souhaits. Si l'on vit dans la culpabilité parce que l'on laisse son enfant à la crèche pour aller bosser, si votre belle-mère (au hasard) vous traite de mère indigne et si votre moitié passe son temps à salir la maison dès qu'il a mis un pied dedans et que la localisation de la cuisine n'est pas répertorié dans son GPS, je ne pense pas que la situation soit tout à fait confortable.
Cela dit nous sommes nombreuses à tout vouloir prendre en charge, même quand monsieur souhaite lever le petit doigt (qui n'a pas chassé sa moitié de la cuisine sous prétexte qu'il "ne sait pas faire"...? ). Je pense qu'il faut apprendre à lâcher du lest (sous peine de ressembler à Bree dans Desperate Housewives) tout en étant intransigeante sur certains aspects de la vie à deux : un homme c'est un compagnon, pas un môme en plus ! C'est aussi une question de respect vis-à-vis de lui (personnellement ma libido fonctionne mal quand je vois que mon homme se conduit comme un enfant de 5 ans dès qu'il a passé la porte d'entrée, bizarre non? ).


J'ajouterai également qu'il n'y va pas que de l'avantage de madame. Monsieur peut être également satisfait d'une meilleure répartition des tâches : Madame est moins fatiguée, sent moins souvent le graillon, dispose de plus de temps pour se faire jolie et s'occuper d'elle et évite de penser à ce qu'elle doit faire le lendemain quand l'heure est aux calins.

Encore faut-il que monsieur cesse de penser sa contribution comme une aide mais plutôt comme une participation active et allant de soi ! Et ça, ce n'est pas gagné.

Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Lundi 26 juin 2006 1 26 /06 /2006 18:11
Rassurez-vous, je ne travaille pas dans le monde de la pub (réputé mauvaise ambiance au boulot, cela dit je n'ai pas testé). Non, non, je travaille dans le doux monde de la culture !
Je travaille ... Euh, comme tout travail mérité salaire et que je suis stagiaire non rémunérée (ben oui, la culture je vous dis), et bien non en fait je ne travaille pas. Mais cela ne m'empêche pas d'observer.

Bon voilà le sujet du billet d'humeur du jour : ma boss passe son temps à casser du sucre sur le dos de ses employés, voire pairs. Elle est bien sûr d'une mauvaise foi sans borne ("je ne comprends vraiment pas pourquoi machine s'est vexée quand je lui ai proposé une formation pour se relooker et savoir-être en société, non vraiment....")
 Il faut toujours se méfier quand elle vous accueille d'un chaleureux sourire et d'un gentil compliment le matin (surtout si vous êtes une fille et qu'elle vous trouve jolie) : cela veut dire qu'elle va tenter de vous descendre toute la journée et cette fois-ci en face.

Ca fait 3 mois que je suis dans cette association, et cela n'a jamais manqué !

Là je me pose quelques questions : cette stratégie qui vise à diviser (puisqu'elle prend à témoin le reste de l'équipe à tour de rôle), est-elle efficace pour régner à long terme? Enfin j'avoue que peu de personnes n'ont encore vraiment réagi. Pourtant, pour avoir discuté avec une amie ancienne stagiaire là-bas, son attitude est bien connue !

Enfin, moi ce que j'en pense c'est que si les gens qui l'entourent sont aussi nuls qu'elle le prétend, elle devrait revoir :
- sa stratégie de recrutement
- sa manière de faire travailler les gens et d'animer l'équipe

Etant donné que ce n'est pas très cohérent, c'est peut-être elle qui a un souci. Je vais lui recommander un stage d'estime de soi et un de management en ressources humaines ! Elle y gagnerait en crédibilité. Non?
Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Vendredi 7 juillet 2006 5 07 /07 /2006 20:07

J’avais envie de mettre en ligne ces photos. C’est mon ours qui les a prises, au Lac Retba pas très loin de Dakar, plus connu sous le nom de Lac Rose.


J’avais en effet des scrupules à prendre, mais il faut reconnaître que Petit Ours Brun les a bien prises. Moi, tout me dérangeait :

On est arrivés comme des fondus en quad (ça roulait bien sur cette piste) et notre guide nous a lâché avec un conférencier du coin pour les explications. Pendant ce temps, les flash de mes coreligionnaires touristes crépitaient sur les travailleurs et travailleuses affairés et chargés. Le gars nous a expliqué que c’était les plus pauvres parmi les plus pauvres qui récoltaient le sel ici, que le travail est dur (les hommes passent des heures dans cette eau aussi salée que la Mer Morte et les femmes doivent transporter jusqu’à une tonne de sel dans la journée pour gagner leur journée). Bien sûr ce sont des journaliers, pas question d’être malade, les congés payés on ne connaît pas là-bas. Et quand ils sont vieux, que deviennent-ils ces travailleurs en provenance de toute l’Afrique ? J’ai pas osé demander.. Mais depuis je me suis renseignée sur le net. C’est pas réjouissant, pour ce que l’on en sait.

On lui a demandé où allait tout ce sel : « Partout en Afrique pour l’alimentation et en Europe, pour saler les routes… ».

Ca se passe de commentaires. Je ne verrais plus jamais la DDE de la même manière.

Moi ce qui me dérangeait, c’était que ces gens sont photographiés à longueur de journée et qu’ils n’en retirent pas un kopeck. Ici les fleurs de sel éclosaient en masse. Ca pourrait être un excellent débouché, ben non, la classe, le must pour nous, c’est le sel de Guérande, pas de Setba.

Je ne regrette pas mon voyage, mais c’est dur d’être une touriste solidaire. Je participais contre mon gré à tout ce qui me fait hurler.  On avait déjà fait des cagnottes qu’on avait donné au responsable local du coin, mais là on n’était pas préparés, je le regrette beaucoup.

Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Mardi 11 juillet 2006 2 11 /07 /2006 14:57

Voici un article à teneur hautement polémique où chacun a à réagir, hommes et femmes, car nous sommes toutes et tous concerné(e)s.

Dites-moi qu’Elisabeth Badinter se trompe, donnez-moi votre vision des choses, faites partager votre expérience, d’homme ou de femme, peu importe, car je pense que toute personne ayant une famille et qui travaille à un avis. Les hommes sont tout autant concernés, car il en va de l’équilibre de leur famille (sphère conjugale, parentale, financière, sociale, etc…).

 

Je ne suis pas d’accord avec tous les propos d’Elisabeth Badinter, notamment quand elle dit que l’on confond violences conjugales et simple agressivité et que les femmes n’ont qu’à se défendre, « un point c’est tout ». Il suffit de fréquenter les structures d’accueil des victimes (quelles qu’elles soient) pour se rendre compte qu’il n’est pas si simple de rembarrer un agresseur.

Son propos est donc par certains côtés très provocateur et surtout ignorant  des réalités sociales et culturelles.  Mais elle a le mérite de soulever des problèmes auxquels elle-même qui semble si sûre d’elle, avoue ne pas avoir de solution. Voici le sujet qui me préoccupe aujourd’hui :

 

« Beaucoup de femmes qui sont arrivées aux premières loges dans le monde économique ou financier ont dû sacrifier leur vie privée, renoncer à avoir des enfants. Et ce mouvement risque de s'intensifier davantage car la vie professionnelle est de plus en plus dure - bien plus qu'il y a vingt ans. Une femme doit se battre pour décrocher un emploi, trouver un compagnon, le garder, être heureuse avec lui, avoir des enfants, puis pour que les enfants, une fois adolescents, ne lui balancent pas à la figure qu'elle a été une mère lamentable... Celles qui réussissent dans tous les domaines sont peu nombreuses. La phrase de Mme de Staël, «la gloire est le deuil éclatant du bonheur», est devenue un lieu commun mais n'est pas tout à fait fausse. Ceci dit, on peut aussi trouver son bonheur hors de la famille: dans son ambition personnelle. »

« Les femmes retournent à la maison. Pourquoi? Certaines parlent du «plafond de verre»: «J'ai beau me déchaîner, je n'arriverai jamais au premier rang car il est réservé aux hommes.» Ajoutez le fait que l'on peut être jeté de son emploi comme un Kleenex. Beaucoup de femmes se demandent donc pourquoi elles s'investiraient dans un métier. Mais il y a un troisième facteur, totalement inédit dans l'histoire des femmes (et peut-être même de l'humanité): beaucoup de jeunes femmes se rendent compte que leur mère, féministe non militante des années 1970, a voulu mener de front carrière professionnelle et vie familiale mais a échoué: en effet, leur mère a tout sacrifié à son ambition personnelle mais s'est heurtée au phénomène du plafond de verre, s'est fait quitter par son mari et n'a pas donné assez à sa fille. Résultat, ces jeunes femmes se disent qu'elles ne reproduiront pas ce modèle avec leurs enfants. Les filles ont toujours eu des comptes à régler avec leur mère, mais il s'agissait de mères de modèle traditionnel. Pour la première fois, régler ses comptes avec sa mère revient à se confronter avec une femme qui fut extrêmement active sur tous les terrains. Affirmer que l'on «ne fera pas comme elle» signifie revenir au modèle antérieur: ne pas être comme sa mère, c'est quasiment être comme sa grand-mère et revenir à la maison. Ces jeunes femmes vont déchanter. »

 

Que faut-il comprendre : de toutes façons, c’est sûr, si on est une femme, on échouera sur au moins un des plans (professionnel ou privé) voire les deux ? J’avoue que c’est désespérant. J’ai 30 ans, toutes mes dents (sauf une, dévitalisée, mais elle est encore là et elle est restée blanche en plus) et je n’ai envie de renoncer à rien. Et là on me dit que de toutes façons, le monde est ainsi fait que je vais forcément rater quelque chose : parce que je suis une femme et parce que je cherche du travail en 2006.

« Tout ce que je crois, c'est qu'il ne faut à aucun prix lâcher son indépendance économique lorsqu'on est une femme. » : J’ai tendance à dire : femmes et hommes, même combat sur ce point.

« Si on a la chance d'avoir un travail (et qu'il ne s'agit pas de pousser des wagons au fond de la mine), il faut s'accrocher tant que l'on peut. Le travail et l'argent ne font pas, je le sais, la condition du bonheur. Mais l'indépendance économique évite l'aliénation. »

Sur ce point je suis d’accord. Et qui plus est, il devient de plus en plus difficile de ne vivre qu'avec un seul salaire. La question risque donc de moins en moins se poser.

« Le féminisme est passé de la promotion de la femme, c'est-à-dire l'accès à l'égalité, la prise de possession du monde extérieur (c'étaient les revendications d'avant 1990), à tout autre chose: la définition de la femme comme une victime. »

Sur ce point, je m’interroge : je soulève souvent les cas d’inégalité homme-femme, mais ce n’est pas pour dire, « regardez comme on n’a pas de chance nous les femmes, houlala", mais plutôt "il faut que ça change ! " Avec les  propos d’Elisabeth Badinter, on aurait tendance à vouloir serrer les dents, y arriver coûte que coûte et ne surtout pas parler des problèmes qui fâchent quand on est bloqué à un « plafond de verre » professionnellement parlant.

Poser la question des inégalités de sexe c’est dire que la femme est une victime ? Non, je crois qu’il y a eu certes des assimilations grossières, mais je pense que l’on peut se battre pour l’égalité des sexes et ne pas se penser en victime : c’est même justement ce type de comportement qui fait avancer individuellement et la société toute entière, et ça ce n’est pas de la victimisation.

Je vous demande votre avis (mais les autres réflexions sont également bienvenues) sur les questions suivantes :

- Pensez-vous que travail et vie de famille soient compatibles?

- Pensez-vous que choisir entre travail et vie de famille soit aliénant?

- Pensez-vous que les personnes qui dénoncent les inégalités conçoivent les femmes en tant que victimes?

- Dans quelle mesure, avez-vous eu ou n'avez -vous pas eu le choix dans votre mode de vie?

Source ici.

P.S. : et encore une fois, messieurs, il ne s'agit pas de dire que vous êtes des vilains. Au contraire, on ne se poserait pas tant de questions si on le pensait. Ceci pour vous encourager à réagir.

* "Tout choix est-il une mutilation ?" est un sujet de philo que j'ai eu à traiter au lycée.
Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Samedi 15 juillet 2006 6 15 /07 /2006 10:59

Le jour viendra peut-être où je devrais répondre à une telle question. Il faudra que je me rappelle qu'expliquer la procréation, ce n'est pas expliquer comment on fait l'amour.


 

Source image

Habituellement, lorsque je cite un article, je n’en retiens que les parties qui m’intéressent. Celui que je vous soumets aujourd’hui, est entièrement cité (liens en fin de page), tant sa qualité se suffit en elle-même.

Dans la même lignée qui m'a fait bondir sur mon précédent article, c'est une réaction à un énième article dans la presse féminine.

J'ai envie de vous le faire partager.

Ceci parce que tous les étés, foisonnent des "articles sexo" dans notre presse, et qu'on y véhicule systématiquement les mêmes idées reçues. Ceci parce que c'est le type même de chose que j'aurai voulu lire lorsque j'étais adolescente. A la place de quoi, j'ai lu de la presse féminine, et sincèrement, ce n'est pas un grand service que l'on rend aux plus jeunes d'entre nous.

C'est un article sérieux, nécessaire, un peu long certes, mais nous sommes en week-end, imprimez le pour aller le lire au soleil et revenez me donner vos avis. Merci :)

 

Un pas en avant, deux pas en arrière

mardi 26 mars 2002, par M. Tramblay

Lettre à Femme Plus *

Je bous, je rage en lisant votre article "Aimons-nous vraiment la pénétration ?" (Août 1998). Je suis surprise et attristée que l'on puisse encore parler d'orgasmes vaginal et clitoridien. Dit-on d'un homme qu'il est "pénissien" ou "testiculien" ? Ridicule ! Vous amenez une référence en citant l'enquête "Analyse des comportements sexuels en France", je suis moi-même française et le livre La sexualité des femmes, F.Magazine, préface de Marie Cardinal, 1980, est une autre référence. Il révèle franchement et d'une manière impartiale les résultats d'une enquête menée auprès de 13.000 françaises et je m'aperçois que ce livre n'a pas beaucoup vieilli ! En voici quelques extraits :

« Les travaux de Kinsey (en 1950 !), de Master et Johnson contredisent ce que disent les pères de la psychanalyse. Leurs observations ont apporté la preuve qu'il n'y a pas de distinction à faire entre orgasmes vaginal et clitoridien. La théorie psychanalytique a crée une séparation nette et sans appel entre deux orgasmes qu'elle veut étrangers l'un à l'autre. L'un symbolise la normalité, l'autre l'immaturité. Or, tout ceci est faux. Malgré les travaux récents et l'importance de la sexologie dans les médias, la confusion reste maintenue. En effet, il n'existe aucune différence entre un orgasme obtenu par une stimulation digitale ou buccale du clitoris et un orgasme provenant de l'excitation provoquée par le frottement du pénis (pendant la pénétration) sur le clitoris. Si dans ce dernier cas, on peut parler d'orgasme vaginal, c'est seulement parce qu'il y a eu, là aussi, stimulation clitoridienne. »

« ...bien que la pénétration soit une caresse agréable, elle n'est ni nécessaire et rarement suffisante pour arriver à l'orgasme. ». « ...le mythe de la pénétration a la vie dure (films, littérature,...) l'homme se dit que plus son érection durera longtemps et plus il a de chance de faire jouir sa partenaire. Laquelle sait très bien que, très souvent, il pourrait bien tenir une heure, cela ne changerait rien si ni lui, ni elle ne se décident à "titiller" le clitoris. » De plus, n'entendons-nous pas, encore aujourd'hui, le temps des premiers rapports, des hommes s'excuser parce qu'ils ont joui avant nous. Comme si il y avait un ordre à respecter et qu'il n'avait plus rien à faire après le coït. Jouir ne leur a jamais coupé un bras !

« Les femmes ont déjà appris à leurs dépens que l'ordre de la nature est utilisé pour les persuader de réalités sociales qui n'ont rien de naturelles. Ainsi, les autres plaisirs sexuels ne sont pas reconnus comme indispensables. Un seul modèle sexuel : la pénétration vaginale. La jouissance masculine devient l'exemple de toute jouissance. Si la femme ne jouit pas ainsi, c'est qu'elle n'est pas faite pour le plaisir ! »

Je reconnais que c'est parfois délicieux de sentir en soi le partenaire que l'on aime. Je reconnais également que ce plaisir s'accompagne aussi du désir de jouir afin de mener à l'apogée cette union sexuelle et de lui rendre hommage. Mais il faut bien comprendre que la pénétration est d'autant plus intense que les liens sont forts. Sinon, on a vite fait de ne plus rien sentir. Et comme vous le préciser, le plaisir au niveau du vagin est très mental d'où l'importance de mettre l'emphase sur les caresses et non sur la pénétration durant les tous premiers rapports pour faire meilleure connaissance.

La plupart des femmes pourraient se passer de la pénétration mais certainement pas des caresses qui leur garantissent la jouissance. Malheureusement, les caresses érotiques, secondaires et à la fois tabous, surviennent, généralement, plus tard dans la relation. Pourtant, uniquement se caresser, c'est aussi faire l'amour. Les caresses sont beaucoup plus que des attouchements parce qu'elles impliquent la découverte intime de l'autre. Sentir avec ses doigts, sa bouche, son corps, serrer contre soi, embrasser, c'est aussi un moyen de connaissance et d'échange avec l'autre qui n'est pas le privilège de l'acte reproducteur et parfois bien au contraire !

Bref, nous fonctionnons à l'envers. La norme sexuelle fait en sorte que beaucoup trop de femmes ne jouissent pas lors du premier rapport sexuel avec leur nouveau partenaire - et je ne parle pas du tout premier rapport (perte de la virginité) qui reste encore dans la plupart des cas très normatif. De plus, beaucoup de jeunes filles deviennent rapidement enceintes et de jeunes garçons ayant besoins de caresses mais n'osant l'exprimer ont vite fait de se sentir impuissants. La notion de "faire l'amour" demeure fortement rattachée à "comment faire des enfants", surtout dans l'éducation sexuelle chez les enfants et les adolescents.

Quand bien même la conception d'un enfant peut se révéler sacrée dans nos esprits, nous devrions nous rappeler qu'avant de se reproduire, il faut avant tout savoir s'aimer.

Le sexe caché de la femme est autant tabou que convoité et forcément ignoré. Le clitoris n'est pas encore une référence d'identité sexuelle car il n'a tout simplement pas de rôle dans la reproduction. Femme = vagin, alors que ce dernier est destiné avant tout à la reproduction, expliquant de ce fait qu'il soit beaucoup moins innervé que le clitoris qui demeure tout aussi "extérieur" que le pénis de l'homme. Combien de femmes et d'hommes en ont réellement pris conscience ? Peu. Combien de jeunes adolescentes aujourd'hui comprennent la portée et l'importance de connaître leur clitoris pour satisfaire leur désir sexuel avant d'entreprendre tout rapport sexuel ? apparemment très peu.

Est-ce si difficile d'admettre que l'orgasme féminin n'est pas directement lié au mode reproducteur et qu'il ne le sera jamais ? Cette recherche désespérée d'un orgasme plus "normal" jusqu'à l'absurde, est-ce le reflet d'une frustration née de la différence ?

Par ailleurs, doit-on justement (selon vos témoignages) exprimer notre "féminitude" (insécurité, soumission,...) au travers de l'acte sexuel. Ne devrait-on pas plutôt intégrer en nous des valeurs dites masculines afin de devenir des êtres confiants et complets.

Tôt ou tard, il nous faudra admettre que la pénétration est avant tout le moyen le plus efficace de se reproduire mais qu'il n'intègre pas systématiquement une égalité des plaisirs. C'est dans les caresses que les partenaires recherchent et élaborent une communication égalitaire et harmonieuse. Elles reflètent l'évolution du genre humain dans sa recherche d'harmonie et de communion. Elles sont en mon sens tout aussi importantes et spirituelles que la pénétration. Mais avant d'atteindre ce stade, nous devrons évoluer au-delà de nos attaches biologiques et dogmatiques. Transcender l'illusion de fusion corporelle qu'entraîne la pénétration. La véritable fusion s'exprime au niveau spirituel.

Finalement, je m'aperçois que les prises de conscience collectives requièrent un long processus cyclique : un pas en avant, deux pas en arrière.

* Femme Plus

Courrier des lecteurs 7, chemin Bates Outremont (Québec)


Je remercie l'auteure de cette contribution, je m'excuse de ne pas avoir pu l'en avertir au préalable, le site sur lequel a été publié l'article n'étant plus en activité depuis 2002 et ne mentionnant pas les adresses personnelles.


 

Et vous, comment vous en êtes-vous sorti entre ce que véhiculent les média, ce que vos parents et amis ont pu vous dire, ce que la société nous apprend, ce que vous avez appris en cours de "sciences naturelles" ou de "sciences et vie de la terre" au collège, ce que vous avez pu lire ici et ailleurs ?

N'avez-vous pas l'impression que si l'on écoutait tout ce que l'on nous dit à ce sujet, nous serions des êtres amputés d'une part importante de notre personnalité, hommes et femmes ?


Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Dimanche 16 juillet 2006 7 16 /07 /2006 10:07

Il y a deux ans, alors que je venais de terminer mon année universitaire et en attendant la rentrée pour en recommencer une autre, je m’ennuyais dans mon petit appartement. J’ai eu l’idée d’aller proposer mes services à une association caritative en faveur des démunis. Je n’ai pu y participer que quelques mois, mais depuis je ne vois plus ma ville de la même manière.

J
habite en plein centre ville et mon unique fenêtre donne sur une place animée de jour comme de nuit.


Un regard non averti y voit des personnes de tous âges, discuter, s’amuser, manger durant leur pause midi, flirter, s’embrasser et faire des batailles d’eau à côté de la fontaine (je vous déconseille d'en faire autant, car on ne s'imagine pas à quoi une fontaine peut servir en 24 heures...).

 


Strasbourg, autour de la place Saint Etienne et de sa cathédrale. Image obtenue avec Google Earth.


A présent j’y vois tout cela, mais je vois aussi les personnes qui n’ont nulle part où aller et qui attendent l’ouverture de l’association, trois fois par semaine : provisions pour repas chaud (ceux qui ont un logement avec un équipement pour cuisiner), pour repas froid (ceux qui n’ont rien pour cuisiner ou qui sont à la rue tout simplement), tickets de douche, de bus, de train, pour faire des photos d’identité, vêtements, savons, serviettes hygiéniques, couches culottes et laits pour bébé, etc…

Elles vous côtoient et vous ne les voyez pas nécessairement. Elles attendent. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges, toutes origines et tous milieux sociaux confondus, ce sont également des enfants, des bébés.

 

Lorsque l’on recevait des personnes, il fallait parfois trouver un traducteur dans les 5 minutes, en russe, en polonais. Parfois il n’y en avait pas et il fallait faire avec. Lorsque le dialogue est possible, on parle du parcours de la personne. Je ne sais pas combien d’impacts de balle et de cicatrices de torture j’ai vu durant cet été (ça parle plus que les mots). Je ne m’en doutais pas car cela ne se voit que sous un tee-shirt. Des exilés politiques que la France ne voulait pas reconnaître, préférant y voir des réfugiés clandestins ayant pour seule motivation, la motivation économique, c’est plus simple de dire non (mais on peut mourir sous les balles comme on peut mourir de faim et de froid). Et grâce à l’espace Schengen, lorsqu’un pays de l’Union dit non, tous les autres aussi.

 

Personne ne sait que le gars qui porte un tee-shirt de marque (donné par l’association grâce aux dons des sympathisants) à côté de vous a échappé à la mort dans son pays. Il n’a pas le droit de travailler, il ne peut pas demander d’aide (si ce n’est celle des associations qui croulent sous les demandes), il ne peut pas se loger, il ne peut pas faire ses démarches correctement car la préfecture exige une adresse postale (que les associations peinent à fournir en nombre suffisant) et il risque d’être renvoyé chez ses oppresseurs car il né dans la mauvaise minorité ou ethnie.

 

Il y a aussi les personnes en situation de précarité. J’ai reçu un couple qui risquait de se retrouver à la rue. Pourtant monsieur avait un emploi payé au SMIC depuis quelques mois et Madame avait des allocations chômage. Mais ils ont eu la mauvaise idée de se marier. Du coup les allocations chômage avaient été suspendues car il a fallu 2 mois à l’administration pour faire les changements dans le dossier de l’allocataire. Un dossier perdu, mal traité, etc… Un loyer pas payé, des dettes d’avant quand Monsieur cherchait du travail, pas de famille pour aider. La rue n’est pas loin.

 

Cette famille venue de l’Est avec trois enfants dont un bébé qui vivait dans leur voiture depuis 3 mois.

 

Cette demandeuse d’asile enceinte de 8 mois que l’administration avait convoqué à 500 km de là et qui ne savait pas comment s’y rendre. Il vaut mieux éviter de frauder le train quand on veut des papiers. Il vaut mieux éviter le stop quand on est enceinte de 8 mois.

 

Cet homme qui ne parlait que le russe. Je n’ai pas trouvé d’interprète ce jour-là, alors je me suis levée de mon bureau, je lui ai fait signe de me suivre et je l’ai emmené à travers la ville pour l’aider à faire ses démarches administratives du jour. Il m’a remercié d’un beau sourire, on s’est fait au revoir à l’aide de signes et je ne l’ai pas revu.

 

Cet homme apatride depuis plus de 10 ans en France. La Russie ne voulait pas de lui, la France le tolérait mais il ne pourra jamais construire sa vie, travailler, etc, tant que l’administration ne bougera pas. Apparemment ce n’était pas à l’ordre du jour. Il parlait un français parfait, semblait cultivé, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Je n’ai pas tout compris dans son parcours, il lui aurait fallu trois heures pour me l’expliquer. A mon avis, il était las des explications.

 

Des exemples comme ceux-ci, des parcours individuels qui se ressemblent et ne se ressemblent pas, je peux en citer beaucoup encore. L’association a son siège à une rue depuis la place que je vois. Je vois des collégiens, des lycéens, des amoureux de tous âges, des enfants qui jouent, le dimanche des gens habillés chez Cyrillus (ça change des lycéennes en string la semaine) vont à la messe,  et puis je les vois eux, car ils restent plus longtemps assis sur les bancs que les autres, quand il fait chaud et quand il fait froid, car je sais que dans leurs petits sacs, il y a toute leur vie.

 

Ouvrez les yeux, parfois la lumière fait mal, car si la caverne est confortable et rassurante, il faut en sortir : la vérité n’est pas ailleurs, elle est devant vous.

Croyez-vous que je regrette un seul instant de ne plus voir la rue comme avant ?


Edit : cliquez ici pour en savoir plus, cf. les commentaires qui suivent.
Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Vendredi 4 août 2006 5 04 /08 /2006 11:05

Le plus mauvais élève du droit du travail, le service public ?

Telle est la question que l’on peut se poser, ou plutôt les conclusions que l’on peut en tirer, en lisant l’article du Canard Enchaîné (2/08/06).

En effet, on apprend qu’à défaut de pouvoir fidéliser ses auditeurs, Radio France est une fidèle des Prud’hommes depuis quelques années pour recourir de manière abusive aux CDD d’usage pour une bonne part de ses employés.

Rappelons que le CDD d’usage est une dérogation au régime normal du contrat de travail (normalement le CDI mais depuis on a eu le CNE qui a mis à mal la protection du salarié) et que l’on ne peut y recourir que si les activités ou le métier faisant l’objet de ce contrat ne peuvent pas se faire sous la forme du CDI, en raison de la nature et du caractère temporaire de l’activité.

Par ailleurs, rappelons qu’un employeur ne peut pas faire signer plus de deux CDD d’affilée à un salarié et que la durée maximale du CDD en France (renouvellement compris) est de 18 mois.

Prenons maintenant quelques exemples des contentieux de Radio France avec ses salariés : Macha Béranger a été licenciée au bout de 29 ans de CDD !

André Asseo, 28 ans de CDD,

Robert Arnaud, 40 ans de CDD.

Quand Radio France tente de s’éviter une audience devant les Prud’hommes, elle négocie, elle a proposé à André Asseo l’équivalent de 4 mois de salaire (après 28 ans de CDD…).

Utiliser un contrat de travail pour une activité par nature temporaire pendant des dizaines d’années, ne pas offrir de congés payés (une partie est payée par la Caisse Congés Spectacles et l’autre n’est pas prise en charge du tout), faire de l’intermittence permanente, voilà le bel exemple de Radio France !

Et ne croyez pas qu’il ne s’agisse que des animateurs, non, non : une personne chargée d’apporter les cafés aux invités depuis plus de 20 ans est également en CDD.

Pire encore, les animateurs ne sont couverts par aucun contrat lorsque rentrant de leurs « congés non payés » ils viennent préparer les émissions : accident du travail déconseillé ! On vous déconseille également la grossesse chez Radio France.

Qu’on ne vienne pas me dire que le régime de l’intermittence doit être réformé parce que cela n’est pas assez rentable, commençons d’abord par réformer les employeurs qui abusent des dérogations et du régime de protection sociale, ensuite on verra.

 

Finalement, le MEDEF, c’est pas si méchant que ça, non ? La prochaine fois qu'ils veulent couper dans le régime des intermittents, il serait bon de leur suggérer de mettre le nez dans la gestion des ressources humaines made in service public.

Sources : Canard Enchaîné du 02/08/06

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Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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Jeudi 10 août 2006 4 10 /08 /2006 11:04

Dans mon mémoire, je parle d’une association qui travaille dans une vingtaine de villages au Burkina Faso (constructions d’écoles, mise en place de vergers potagers, construction de bibliothèque, mise en place d’une vidéothèque ambulante, mise en place de panneaux solaires, construction de salles d’accouchement…). Elle s’appelle « Petit à Petit » et son nom illustre bien la lente progression des choses. Je ne crois pas qu’ils se soient encore investis dans la question que je vais aborder aujourd’hui, mais je ne leur ai pas posé la question : je n’y avais pas pensé à l’époque.

Par ailleurs, un jour vers 12 ou 13 ans, je suis tombée sur un livre parlant de l’excision dans la bibliothèque de mes parents : je ne puis décrire le dégoût et l’horreur qui m’ont envahi en lisant ces lignes, pourtant, je ne comprenais pas tout, tout simplement parce que je ne pouvais imaginer que de telles choses existent.

L’excision, qu’est-ce que c’est ?

Il y a quatre types d’excisions recensées par le journal Afrik.com :

« Même la diversité des méthodes utilisées lors de l’excision ne trouve pas d’explication satisfaisante. Quatre types d’excision sont recensés aujourd’hui sans qu’on puisse attribuer à chacun une signification particulière. Le premier (moins de 5% des cas) et le plus léger consiste en une simple ablation du clitoris, le second (80% des cas) excise également les lèvres internes, alors que le troisième et le plus radical, appelé infibulation (15% des cas), enlève tous les organes génitaux externes et coud l’orifice vaginal en ne laissant qu’une minuscule ouverture. Enfin le quatrième type regroupe toutes les autres pratiques depuis l’étirement, le grattage, le perçage du clitoris ou des lèvres jusqu’à l’introduction dans le vagin de substances corrosives ou de plantes. »

 

Il m’aura fallu du temps pour comprendre, condamner certes, mais en gardant à l’esprit que condamner ne suffit pas et n'est certainement pas une solution en soi : il faut expliquer.

Telle est la mission du CNLPE au Burkina Faso.

Le Burkina Faso est un des pays les plus pauvres au monde, un des pays où le taux d’analphabétisme est record, avec une soixante d’ethnies et sans doute autant de langues. On pourrait se dire que ce pays n’est pas le mieux placé pour faire avancer les choses : détrompez-vous, la situation n’est certes pas idéale, mais elles progressent. Les pouvoirs publics sont réellement investis, les associations locales et les ONG aussi. C’est ce que nous apprend Le Monde Diplomatique ce mois-ci : après 1960 et l’indépendance, le nouveau président prend position contre l’excision. En novembre 1996, une loi interdisant cette pratique et condamnant à des sanctions pécuniaires et pénales est votée : pour les médecins qui pratiquent, c’est le maximum qui est requis.

Le CNPLE passe de village en village, revient, réintervient encore et encore pour expliquer : dans ces réunions où femmes et hommes sont présents, on appelle un chat un chat, on explique à l’aide de dessins : L’une des animatrice tire la langue à l’assemblée : « A quoi ça sert ça ? ». On ricane… « Ca sert à sentir ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. On ne vous l’a pas coupée, la langue ? Vous l’avez toujours ? » : le message commence à passer.

Au Burkina, la loi est appliquée. Mais des effets pervers se font sentir : des voitures de la capitale se dirigent vers des villages isolés, ou au-delà des frontières : les prix flambent et l’hygiène est de moins en moins au rendez-vous. On excise les bébés, parce que c’est plus simple. Des fillettes demandent à l’être, pour être comme leurs copines. Cette pratique relève qui plus est d’un rite initiatique, mais « que signifie ce rite quand on mutile les enfants de plus en plus jeunes… ? ».

Parler du plaisir sexuel ne sert à rien : la plupart des femmes ayant été excisées avant le mariage, ou juste après, n’en savent rien. Il faut parler d’hygiène, convaincre que le clitoris ne tuera pas l’enfant qui naît.

 

Il faut parler du sort des exciseuses, qui pratiquent de mère en fille : que vont-elles devenir ? On envisage de leur fournir un travail de substitution, mais d’autres craignent qu’elles ne fassent du chantage si ce qu’on leur propose en échange ne leur convient pas. Ce n’est pas si simple, cela ne suffit pas de condamner : d’après les estimations, 90 % de la population sait que c’est interdit. Dans un pays où il faut payer les journalistes pour qu’ils se déplacent, c’est pas mal. Mais plus de 75% des femmes de plus de 20 ans en 2001 étaient excisées, plus de 43 % pour les filles de 11 à 20 ans et plus de 16 % pour les fillettes de 5 à 10 ans.

Ces chiffres sont présentés comme une amélioration, moi je dis que c’est encore énorme.

Voilà, j’ai peu de choses à vous dire de plus que ce que j’ai appris dans cet article, mais j’avais envie de vous en parler. Je n’ai pas envie de faire mon Occidentale de base qui condamne, j’ai juste envie d’attirer votre attention sur cette souffrance : moi rien que d’imaginer la scène, j’en ai des frissons d’effroi. D’ailleurs, cette pratique concerne également des jeunes filles qui vivent en France. Elle est certes marginale, mais ne croyez pas qu’elle n’existe pas, c'est juste qu'on en parle rarement : difficile d’en parler pour les victimes, vous la placeriez où votre histoire de clitoris perdu, entre la poire et le fromage ? Il existe des techniques de reconstruction, mais cela n’est pas toujours possible et seules quelques « privilégiées » peuvent y avoir accès. Oui, je voulais en parler sur mon blog, quelque part je me dis que c’est inapproprié, même si je parle souvent de « sujets sérieux », j’ai l’impression que celui-ci arrive un peu entre la poire et le fromage : tant pis, ce n’est pas un manque de respect ou de sérieux de ma part, c’est juste parce que je ne veux pas prendre ce prétexte pour faire l’impasse.

Je me doute bien que tout le monde sera d’accord avec moi, mais finalement, plus on en parle et plus les choses évoluent, non ? Pour tout avouer, je me sens bien impuissante, cela me semble si vain d’en parler sur mon blog. Tant pis, je le fais quand même, à défaut de savoir quoi faire d’autre.

 

En savoir plus.

 

Par Thulip - Publié dans : C'est troll'ment important
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