Mardi 29 août 2006
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Aujourd’hui, petits chiffres sur la santé en France, ceci pour éclairer la réalité des choses (oui, oui, le chômage est en baisse, mais le nombre des bénéficiaires du RMI a augmenté par contre…N’est-ce pas Fred ?). Ces chiffres sont tirés d’un article dans le Dossiers & Documents du Monde de septembre 2006 :
Un constat simple : l’inégalité à l’accès à la santé en France, pays d’Europe de l’Ouest où les différences sont les plus fortes. Un cadre supérieur de 35 ans peut espérer vivre 7.5 années de plus qu’un ouvrier qualifié du même âge.
Oui, mais me direz-vous, nous, on a la CMU : il y a quelques mois, une enquête réalisée par le Fonds de financement de la CMU a montré que 41 % des médecins libéraux spécialistes et 39 % des dentistes refusent de recevoir un patient bénéficiant de la CMU ! Sachant qu’une autre étude a montré que les campagnes de prévention ne touche pas les populations à risques mais les personnes qui en ont le moins besoin, on imagine aisément qu’un bénéficiaire de la CMU n’appelle pas son dentiste pour faire un petit contrôle annuel, mais qu’il en a réellement besoin ! Sachant que la précarité touche de plus en plus de personnes en France, et donc qu’il y a de plus en plus de personnes pouvant prétendre à la CMU, je n’ai pas besoin d’en dire plus…
Certaines pathologies sont corrélées au niveau de vie : le problème de surpoids et d’obésité (on ne parle pas de régime bikini là, on parle d’un vrai problème de santé ayant des répercussions sérieuses), sont deux fois plus fréquents chez les enfants d’ouvriers qu’ailleurs. Mêmes disparités concernant certains cancers et d’autres pathologies toutes aussi sérieuses. Pourtant, la France est le plus gros consommateur de médicaments en Europe : lorsque vous sortez d’une consultation, vous avez dans 90% des cas une ordonnance, contre 43.2% aux Pays-bas (un jour, un médecin a voulu me soigner une mononucléose par un antidépresseur, mais je suis sûre que vous avez d’autres exemples : eh oui, anticholesthérols, psychotropes et antibiotiques sont notre trio gagnant en France).
L’inégalité n’est pas que sociale ou économique, elle est aussi géographique : les zones rurales sont en pénurie de médecins tandis que certaines zones urbaines sont surpeuplées. Par ailleurs, les choses risquent de ne pas s’arranger, car certaines disciplines sont boudées par les étudiants en médecine : la médecine générale par exemple. Mais essayez d’avoir un rendez-vous en urgence chez votre gynécologue ! La faute à quoi ? Apparemment à une mauvaise organisation des enseignements mais également aux conditions d’exercice qui peuvent parfois être pénibles. Sauf qu’une vraie politique publique avec des réformes pourrait pallier à ces défections.
Petit article coup de gueule sur une réalité que je pressentais à mon échelle, mais qui vient de se confirmer.
Voici quelques liens pour en savoir plus :
Quelques études de l'Assurance Maladie en Ligne.
Quelques études de l'IRDES (Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé).
Source image.
Le salon